‹ Traité de la syphilisChapitre 6 sur 70 · CHAPITRE IL DU MODE DE COMMUNICATION DE LA MALADIE VÉNÉRIENNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL DU MODE DE COMMUNICATION DE LA MALADIE VÉNÉRIENNE

Toutes les maladies contagieuses ont leur mode particulier de propagation; et la vie sociale s'accompagne généralement d’un certain nombre d’usages qui exposent les hommes, dans un temps ou dans un autre, à contracter ces maladies, dont la propagation serait empéchée si les circonstances qui viennent d’être indiquées étaient évitées. La gale, par exemple, se communique généralement dans l’acte de politesse qui consiste à donner la main; aussi la main est-elle le plus souvent la partie qui est affectée la première. De même, comme l'infection vénérienne est ordinairement contractée dans les relations sexuelles, ce sont les organes de Ja génération qui, en général, souffrent les premiers. Il résulte de cette circonstance que les malades ne soupçonnent pas la présence de la syphilis lorsque les symptômes de cette maladie se présentent dans toute autre partie, et qu’ils croient la voir dans toutes les affections de ces organes.

Dans les classes inférieures de la société, on est porté naturellement à voir la gale dans toute éruption qui apparaît entre les doigts, de même que les jeunes gens supposent une affection vénérienne dès que les organes génitaux sont malades; mais comme toute surface sécrétante, ainsi qu'il a été dit déjà, qu’elle soit recouverte ou non par un épiderme, peut étre infectée par le poison vénérien lorsqu'il y est appliqué, il y a beaucoup d’autres parties qui sont susceptibles de contracter la maladie. Ainsi, on Ja voit apparaître à l’anus, dans la bouche, au nez, aux yeux, aux oreilles, et, comme on la dit, aux mamelons des nourrices qui donnent à teter à des enfants dont la bouche est le siége de l’infection parce que ces enfants ont reçu la maladie en traversant.les parties génitales infectées de leurs mères (*).

(*) La question d'infection des nourrices par les enfants, et des enfants par les nourrices, est peut-être une des plus intéressantes de l'histoire de la propagation de la syphilis, et celle à laquelle on est chaque jour appelé à répondre.

Comme Hunter, je crois que les enfants ne peuvent transmettre que l'accident priimitif (le chancre), contracté soit en naissant , soit après la naissance, P. Riconn.

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