‹ Traité de la syphilisChapitre 69 sur 70 · AT · texte numérisé non relu

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taux. En général, si les femmes étaient plus propres, les maladies vénériennes, dans leur ensemble, seraient MOIDs COMMUNES.

Pour la personne qui peut transmettre la maladie, les lotions avec les chlorures, le savon, les alcalis, les acides étendus, l’acétate de plomb, l’alun, le vin, et enfin tout ce qui, en nettoyant les surfaces, peut encore altérer chimiquement le pus contagieux, pourra prévenir l'infection. J'ai connu plusieurs élèves en médecine qui avaient eu de fréquents rapports avec des femmes affectées de chancres, immédiatement après les avoir cautérisés avec le nitrate d'argent, et qui n'avaient jamais rien contracté. !

2° Des individus qui s’exposent à l’infection. — Quant aux personnes qui s’exposent, les moyens prophylactiques ne sauraient être les mêmes avant, pendant et après l’acte vénérien. :

Avant l'acte, un examen scrupuleux des parties devrait donner la certitude qu'il n’existe actuellement aucune solution de continuité. Ici les soins de propreté, surtout les lotions alcalines ou savonneuses, sont nuisibles, et exposent, en mettant à nu des surfaces que garantissaient le smegma ou des mucosités. Mais si des lotions de ce genre sont peu rationnelles, il n’en est pas de même de celles qui, faites longtemps à l’avance, ont agi comme astringentes ou propres à donner du ton ou de la force aux tissus, sans cependant leur communiquer trop de rigidité. C’est ainsi que des lotions habituelles, comme moyens de toilette, avec des solutions d’acétate de plomb, d’alun, de vin et de tannin, parviennent à garantir quelques personnes jusque-là faciles à s'infecter. Au moment du coïit, les corps gras peuvent souvent mettre à l’abri de l'infection ; et les chirurgiens qui ont à porter les doigts sur des parties malades avec lesquelles ils doivent rester dans un contact assez prolongé, dans certaines opérations, ne devraient jamais négliger cette précaution.

De tous les movens prophylactiques , celui qui semble promettre la garantie la plus matérielle , c’est le condom , que la morale repousse sans doute, mais que la nécessité tolère quelquefois. Cependant il faut biea se garder d'accorder au condom une confiance aveugle ; vraie cuirasse contre le plaisir, comme l’a dit une femme illustre, c’est une toile d’araignée contre le danger; fréquemment, en effet, il se déchire ; d’autres fois, son tissu reste perméable ; ou bien, ayant préalablement servi, il a été mal lavé; enfin, dans les cas où il est de bonne qualité et reste intègre, il ne garantit réellement qu’une partie des organes génitaux.

Pendant l'acte, certaines précautions ne sont pas indifférentes. C’est ainsi que les rapports ne doivent pas être prolongés volontairement, comme le disait si bien Nicolas Massa, dans son chapitre sixième, De animi passione et coitu : « St vero quis cum in- Jfecta muliere coire voluerit, quod fatuum est, non moretur in coitu, » et qu'il est nécessaire que l'éjaculation s'effectue. Il est incontestable que c’est dans le temps qui précède l’émission du sperme que l'infection urétrale se fait, et que, daus les circonstances heureuses où elle n’a pas lieu, le passage brusque et rapide de ce fluide qui entraîne avec lui les matières contagieuses qui auraient pu s'introduire dans l’urètre, est une des conditions favorables qui s'y opposent le plus. C’est dans ce sens que l'émission de l'urine , après le coîït, offre tant d'avantages.

Cependant c'est surtout après l'acte, qu’on n'a pas toujours pu prévoir, qu'il faut recourir aux soins de la propreté la plus minutieuse ; explorer chaque repli des tissus. exposés ; pratiquer des lotions répétées, soit alcalines, soit savonneuses, mais mieux encore avec des chlornres étendus, de manière à décomposer les matières morbifiques dont on pourrait être souillé, sans cependant déterminer de l’irritation artificielle. Enfin toute solution de continuité, quelle qu’elle soit, devra être immédiatement cautérisée. Ce précepte est tellement important, que je voudrais qu'il fût affiché dans tous les lieux où on peut courir des dangers,

30 De la prophylaxie par rapport aux enfants, lors de la conception, pendant la gestation, et au moment de la naissance, — D’après ce que j'ai dit autre part, l'existence actuelle de tout accident primitif ne donne pas lieu, dans tous les cas, à l'infection syphilitique constitutionnelle, et partant, la crainte de transmettre la syphilis par hérédité. La blennorrhagie, par exemple, telle que nous la comprenons, c’est-àdire, les écoulements qui ne sont pas la conséquence d’un chancre larvé, n’ont aucune influence sur la génération. Quant aux ulcères primitifs, aux chancres, les parents peuvent en être infectés au moment de la conception, sans que l’enfant ait la syphilis; à moins que, pendant la gestation , ils ne donnent lieu, chez la mère, à des accidents secondaires. À | ;

Sous le point de vue de la prophylaxie appliquée aux enfants, les chances de la conception devraient être absolument défendues, toutes les fois qu'il existe des accidents constitutionnels, ou que la nature des accidents primitifs les rend probables, Il faut, sous ce rapport, pousser plus loin la réserve, et s'assurer autant qu’on le peut par les antécédents, si, en l'absence de tout symptôme appréciable, les parents ne sont pas sous l’influence de la diathèse syphilitique ; circonstance dans laquelle ils peuvent donner naissance à des enfants vérolés, jusqu’à ce qu’un traitement bien fait vienne mettre ceux-ci à l’abri de l'infection. À plus forte raison, lorsque, pendant la grossesse, la mère est affectée de symptômes syphilitiques primitifs de nature à donner lieu à des accidents secondaires, ou que ceux-ci existent déjà, il faut se hâter de les combattre ; et, loin de regarder la grossesse comme une contre-indication au traite ment, on doit être bien convaincu qu'il prévient le plus souvent le mal chez l'enfant, et empêche, quand il est sagement administré, les avortements si fréquents que détermine la syphilis. x

Lorsque des symptômes primitifs ont été contractés par la mère peu de temps avant l'accouchement, l'enfant pouvant les contracter au passage, il faut se conduire, à son égard, comme dans le cas où une personne vient actuellement de s’exposer à un contact impur. P, Ricoro.

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