CHAPITRE II
disponltioDS oontraires au goût échapperont à son inex-r périeuce ; si au contraire il s^est familiarisé avec cette opératioii , il saura faire disparaître tuutes les taclies qui défigureraient une édition. Ici il rectifiera un espace^ ment irrégulier ; là il ^alisera des interlignes. Tantôt il réduira à leur mesare commune des pages langues ou courtes ; tantôt il proposera telle autre amélioration que le typographe seul pouira concevoir. Il y a même cer> tains cas où la connaissance du tirage peut donner lieu à d'utiles modifications. Ce n'est donc que la possession de cette double instruction qui peut former un correcteur accompli ; et pour mettre à profit le concours de ces diverses conditions, il doit adopter la méthode qui lui semble la plus propre à captiver son attention ; car c'est celle de ses facultés dont l'exercice lui est le plus nécessaire.
Il est certains ouvrages, irréguliers et arbitraires dans leur composition , ceux notanunent qui sont rangés sous la dénomination générique d'ouvrages de ville , dont la correction exige plus particulièrement des notions spéciales de l'art jointes à une critique judicieuse de ses opérations. G)mme le prote est dans une imprimerie la personne qui doit savoir le mieux apprécier les divers genres de travaux et l'aptitude des individus placés BOUS sa direction, il est bon qu'il se charge de voir toutes les épreuves de cette nature. Cette inspection lui fournit d'ailleurs de fréquentes occasions de juger les ouvriers , de connaître le mérite de leur ouvrage , et les soins ou la négligence qu'ils pourraient y apporter. Lies corrections doivent être placées sur la marge,
soit extérieure , soit intérieure , mais dans le sens des lignes, et les premières toujours les plus rapprochées de rimpression. Elles sont géiiéralement indiquées au moyen d^un trait vertical passé sur Pendroit à corriger , et répété en marge avec la correction à faire. Lorsqu'elles sont en grand nombre sur la même marge , on modifie les signes de renvoi pour les rendre plus dis-* tinctes. Quant aux auteurs , ils emploient les indications qui leur conviennent; toutes sont bonnes, pourvu qu'elles soient claires, c'est-à-dire apparentes et intelligibles.
Cependant, comme il existe des signes de convention adoptés dans l'imprimerie pour les corrections les plus usuelles , et comme ils sont plus connus des ouvriers , nous les avons réunis pour qu'ils devinssent encore , comme cela est possible , d'un usage plus général et plus invariable. Le tableau ci-contre (i) offre, avec la figure de chacun de ces signes , l'exemple de cas auquel il convient d'en faire l'apphcation.
(1) Noiu nous plaisons à reconnaître ici que nous devons k M. Brun riugëniense idée d'un tableau de corrections exécute avec les seuls proc^d^s de rimprimerie. Cet habile typographe a donné , dans le Manuel qu'il vient de publier, le premier exemple d'ane semblable innovation.