‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 121 sur 128 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

un remamement , elles exigent une noayélle oomposition , une noavelle frappe et un nouveau cUchage.

POLTAMATTPIE.

De toutes les branches de Fart typographique , la fonderie est celle dont les prc^rès ont élé les plus lents , et dont les perfectionnements sont demeurés le plus arriérés. Le moule en usage aujourd'hui est à peu prés ce que Pavait fait au quinzième siéde Schceffer son inventeur. Ce moule , très - ingénieux d'ailleurs , et avec lequel ont été fondus de nos jours les types si célèbres de iVlM. Didot, a le double inconvénient de n'opérer que très-lentement et de dépendre entièrement de Fhabileté de celui qui l'emploie : or chacun sait que, dans les arts mécaniques surtout , les bons ouvriers forment toujours le plus petit nombre. Il est de plus insufiOsant à la reproduction des grosses lettres , depuis le gros-romain jusqu'aux caractères d'affiches j car pour en obtenir des résultats passables , il faut ou poncer la matrice , ce qui 6te à l'œil de la lettre toute sa netteté , ou recourir au dichage, procédé très-long et très-dispendieux , et qui, s'il donne de la netteté à l'œil de la lettre , a le grand défaut de déranger l'aplomb et l'alignement, et de manquer de solidité.

- M. Henri Didot, graveur distingué, sentit de bonne heure tous les vices du procédé en usage, et il se livra à des recherches tendant à le perfectionnera Ses premiers pas dans la carrière typographique furent marqués par l'invention d'un moule k reftmloir qui fondait une à une , comme l'ancien moule , les lettres de deux

28o PARTIE Illy

points et les grosses de fonte , sans employer la ponce ni le dichage, mais qui ne pouvait s'appliquer à la fonte des petits caractères. Les lettres fondues de cette manière offraient toute la vivacité du poinçon. A Tépoque de Texposition de 1806, il soumit cet essai au public et au jury; celui-ci crut devoir encourager ce premier succès par une médaille d'argent et un brevet d'invention.

Soutenu dans ses travaux par une distinction aussi flatteuse , M. Henri Didot crut qu'il pourrait en obtenir de nouvelles , s'il parvenait à appliquer son procédé à la fonte de tous les cai'actères employés dans l'imprimerie. Le problème à résoudre était de multiplier les produits sans nuire k leur perfection. Après dix ans de reclierches, il eut la satisfaction de voir ses travaux couronnés d'une réussite complète. Depuis ce temps , la connaissance de ce procédé s'étant de plus en plus répandue , la fonderie polyamatype n'a cessé de prendre de nouveaux développements. Ses avantages sont nombreux et positifs; nous ne nous attacherons à démontrer que les trois principaux , qui sont la perfection , la promptitude el l'économie.

lo. Perfection, Les matrices étant immobiles dans le moule, on conçoit que le moindre défaut, â peine aperçu , est aussitôt corrigé , pour ne se reproduire ja^mais; il en résulte une constante régularité dans toutes les proportions, telles que la hauteur, l'alignement, l'approche , la pente et la force de corps ; ce qui permet de mêler dam tous les temps et sans inconvénients plusieurs fontes du même caractère. D'un autre côté ,

Page 1