‹ Traité de la typographie (volume 4)Chapitre 38 sur 84 · DISPOSITIONS PARTICULIÈRES A LA · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES A LA

POlCsiB.

Nous avons précédemment &it connaître les prin<^ cipes g^énéraux de la composition ; mais il nous reste

à poser quelt^ues règles relatives à celle des ouvrages eu ver».

n est à remarquer d'abord que la facilité que possède la prose de varier à volonté, dans le même format, la justilicatiuu et le caractère , est interdite à la poésie : c'est dans ce dernier cas que Tobservatton des proportions est le phis impérîeusemen^exigée par la nécessité typographique. Si l'une n'offre pas un aspect aussi régulier que l'autre y elle peut compenser cet avantage par Taccomplissement plus rigoureux des préceptes applicables ii chaque format. Par exemple , eu prenant pour base l'in-octavo , nous voyons Irëquemment que , par le besoin qu'on éprouve d'économiser l'espace , on descend jusqu'au Petit-Texte , qui est un caractère d'in-dix-huit ; ou que par une considération opposée , on monte^ jusqu'au Saint- Augustin et même jusqu'au Gros-Texte , qui sont des caractères d'in-quarto. De quelque secours que puisse être cette facilité ^ il n'en estr pas moins vrai de dire qu'elle autorise de nombreuses infractions aux prin* cipes reconnus , et qu'elle substitue souvent les résultats de la nécessité aux règles du bon goût. De pareilles anomalies n'existent pas , ou ne doivent pas exister pour la poésie : en voici les motifs. Sous le rapport

16r> PARTIE I, CHAPITRE V.

de la justification , le vers étant la mesure de la ligiie ^ on ne peut rien gagner à l'agrandir. Quant au choix, du caractère , il est certain qu'en le diminuant de force on y trouverait un bénéfice de quelques lignes sur la longueur de la page ; mais il s'ensuivrait toujours un effet contraire , d'une part , à l'usage qui prescrit les proportions à suivre , et , de l'autre , peu conforme à celui qui en tolère la dérogation ; c'est-àdire que le but d'utilité ne serait pas assez marqué pour autoriser la violation des convenances de l'art. En effet , l'augmentation de lignes pi'oduite par l'emploi d'un caractère inférieur à celui dont on se sert habituellement dans les in-octavo en vers occasionerait un contraste choquant , celui d'une page portant un plus grand nombre de lignes et une justification moindre en apparence; tandis que , suivant la marche la plus ordinaire , la progression des caractères et celle de la justification s'opèrent en sens inverse. Il est donc évident que l'inconvénient de cet arrange-^ ment en surpasserait l'avantage.

La justification d'un ouvrage de poésie doit être prise sur la portée des vers les plus longs , nonseulement quant à la mesure , mais encore eu égard au nombre de lettres qu'ils renferment. Toutefois , comme il peut s'en présenter qui , sous ce dernier rapport , excèdent de beaucoup la longueur ordinaire^ il ne faut point s'astreindre à prendre pour règle cette rencontre , à laquelle on peut remédier en doublant le vers, ou en le sortant, ce qui est préférable encore^

Elle doit porter environ quarante n (ou vingt cadratins). Les alexandrins, en français, notamment ceux à rime féminine y qui ont une syllabe de plus , et en latin les hexamètres , donnent souvent lieu à cet in* oonvénient. Il vaut cependant mieux recourir à Tun des deux expédients que nous venons d'indiquer 3 d'abord pour économiser sur l'emploi des cadrais , et par conséquent sur les irais de composition ; ensuite pour la distribution plus égale des marges; et enfin pour éviter que le titre courant , qui doit être placé directement sur le milieu des vers , ne paraisse jeté sur la partie droite. Ce défaut ajoute encore à Tirrégvdarité naturelle d'une page de vers» Il devient appa* rentjLi alors il n'est pas supportable, lorsqu'il survient dam la page quelques ligues de prose , de notes par exemple , qui , remplûmt la ju&û^cation , mettent à découvert toute la partie qui reste en blanc.

Chaque vers commence par une capitale.

Les vers de même mesure doivent être parfaitement * alignés entre eux.

AENFOMCEMEMT.

Renfoncer une li^e, c'est la rentrer intérieurement à la justification , à l'aide de cadrais , cadratiiis ou demi-cadratins.

Le mode de ren/imeemetit, à très -peu d'exceptions

près , est généralement déterminé y et assujetti à des régies positives.

Uoe ligne de titre , bien que souvent elle laisse du blanc de chaque côté dans la justification ^ né passe cependant pas pour être renfoncée. Cette qualification lie h apj)li(|uc que clans très-peu de cas à celles dont la rentrée est arbitraire ou i'oriuite; elle est donc spécialement réservée aux lignes dont le commencement laisse avec celui delà justification une distance \cal^ culée suivant certaines proportions établies.

Dans la prose « la mesure du renfoncement de Talinéa et du sommaire est le cadratin , quelquefois cependajit le demi-cadratin seulement pour le sommaire.

Dans, la poésie , il est sujet à de plus grandes variations , occasionées par la diversité de mesure que les; vers peuvent présenter. La méthode la plus généralement suivie à cet égard est établie de ma^ièreà ce que les vers de même mètre | étant aligné» .entre eux y se trouvent, le plus approximativement possible, dans le milieu de hi justification. Elle consiste à renfoncer les vers d-un demi-cadratm par syllabe qu'ib ont de moins que Talexandrin ; c'est ^-dÎ!^ ,: le vers de dix d'un cadratin , celui de huit* de deux cadratins , celui de sept de deux cadratius el demi ^ et les autres suivant la même progression.

Si Ton voulait établir une balance entre tenondÈure mux en de lettres que diaiiuue la suppression d'une syllabe et le blanc qu'on lui substitue tant au com-» mencement qu'à la fin de la justification , il est certain qu'on trouverait une différence en moins du côté du rcnjoncemenl. Cette disproportion cependant est

nécessaire; et il vaut mieux que le vers inférieur soit on peu en-derà qu'au-delà de son supérieur. Le Ters

de dix f( inuiiii , par exemple , est cndécasyllabe ; et , lorsqu li est placé auprès ji' un vers de douze masculin , hài&éfeoce devient beaucoup moindre. Du restera piot ces motifs qui sont fondés , il serait déraisonnable de vouloir tout réduire en théories ; et dans les arts rei|iërieiice est souvent un meilleur guide que le caknl le plus rigoureux : or ce sont ses résultats que nous présentons ici.

LiQSt ménif-s pruicipes que nous venons d'énoncer «Qstri^ltcables à la composition des vers latins.'

Lêit^eitàtions de vers, pour lesquelles on emploie ordiuaiiement un caractère inférieur à celui du texte, sa«lrav£bBcent fuivant le degré de celui dont on se aMf dans les proportions indiquées / et toujours de manière à se trouver placées vers le milieu de la justification. Cette méthode est impérieusement exigée pir le bon goût pour li^ régularité du coup«d'osil.

fmi^imeemenes à peu près arbitraires sont ceux des vers doublés , des signatures , etc.

«luette disposition est d'un fréquent usage dans les tatleauy dans les ouvrages scientifiques', et: dans tous ceux d'une composition irréguhcre. Leur diveriiité la modifie à l'infini.

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