DIVISION
On appelle ainsi la iaeiiUé qii i le compositeur de couper, à la iiu d'une ligne de prose , un mot eu.deux parties, et de rejeter la seconde au commencement de la ligne suivante. Cette faculté toutefois a des bornes , et nous allons indiquer celles dans lesquelles on doit la resserrer.
D*abord il est de règk^ qu'on ne sépare que les syllabes.
• On ne doit pas diviser un mot de deux syllabes dont la dernière est muette, à moins de nécëssité impérieuse; encore cet arrangement n'est-il supportable à IVï'il que lorsque la syllabe rejetée a trois ou quatre lettres, comme dans ces mots : ai'metU, nom "ères, etc. ; à.plus forte raison ne doit-on pas rejeter une syllabe muette , lorsque le mot divisé est plus que dissyllabique.
On ne divise jamais un mot de manière à laisser à la fin d'une ligne , ou à reporter au commencement de la suivante, une syllabe formée par une seule lettre.
Lorsqu'un mot composé se divise au pomt de la
jonction de ses parties intégrantes , si la fin de l'une de ces parties et le commencement de l'autre ne sont
pas fondus dans la même syllabe , la division doit isoler les deux mots primitifs. '
Par exemple, pour les mots, conHituUon, imtàu* tien, un compositeur qui î^orerait leur étymolopfie formerait les divisions ainsi qu'il suit : conS'tiluUan, m-UtoUons il faudrait, au contraire, les former comme ci -après : eon-slitulion ^ in-glitulion. Cette rèfifle, qui s'applique à une foule d'autres mots dans la langue française, tient à la nécessité d'indiquer toujours ses racines et ses étymologies dans Tart typographique , qui tire son premier lustre de la science grammaticale.
11 ne îsxx, pas diviser un mot d'une page à l'autre, surtout depuis la suppression des réclames.
Excepté dans le cas des mots composés, on ne place jamais la division entre deux voyelles bien qu'appartenant à deux syllabes différentes y non plus que devant ou après une consonne double, comme le .r. Deux dèmims consécutives sont tolérées ; mais plus répétées dles choquent la vue.
La division a pour but de faciliter la i Li^ulariié de l'espacement } mais elle n'en est pas moins une licence. Si l'égalité des ^paces est d'un bon effet dans un livre, la rareté des divisions est également appréciée; il faut donc, suivant les positions , s'attacher à éviter entre ces deux défauts celui qui serait le plus ridicule.
La division est généralement figurée par une petite
174 PAATIË 1, CHAPilEË V.
Ijai 1 1* hurizouLalc , maiï» quelquefois par deux i)ai i es placées parallèlement Tune sous Tautre. Cette forme est préférable, en ce qu'elle la distingue du trait d'union , avec lequel elle pourrait être confondue dans certains cas. Il y en a sur plusieurs épaisseurs pour la facilité de la composition; la plus forte est sur demi-cadratia*
AOKÉVIAI IONS.
■ On se servait autrefois de voyelles affectées d'un
signe particulier, au moyen desquelles on retranchait la consonne m ou n dont ces voyelles pouvaient être suivies. Dans le latin , on représentait la conjonction enclitique que par la consonne q suivie d'un pointvirgule. Ces sortes d'abréviations , dont le but primitif était sans doute de faciliter dans certains cas Tespacement des mots , avaient reçu par la suite une application générale; et le temps avait converti en règle absolue ce qui n'était originairement que facultatif. Mais cet abus , qui avait le double inconvénient y en défigurant les mots , d'en rendre l'aspect moins agréable et la lecture plus pénible , excita les réclamations du plus grand nombre des lecteurs ^dont le senttmmit doit toujours prévaloii; sur les autres considérations ])uremeiit typograpiiiqucs. i uree fut donc aux imprniieurs de revenir de cette bizaiTe coutume aux principes naturels dont elle les avait fait dévier » et ils ne purent même la maint^ir comme
exception. Dès-lors ils adoptèrent un système d'abréviations plus approprié aux besoins de l'art , et en outre plus intelligible , en se bornant à abréger dans quelques textes certains mots qui s'y reproduisaient fréquemment.
Dans le corps des ouvrages, généralement on doit user avec sobriété de ce privilège , qui n'est guère réservé qu aux ouvrages scientifiques où certaines répé^tions sont inévitables , et où il tempère ce qu'elles <hA de Iktigant pour Tœil. Les commentaires admet* tent aussi plus facilement remploi des abréviations; il y est même essentiel : les noms d'auteurs , les titres et parties d'ouvrages auxquels on renvoie , s'y mettent rarement en entier. Les tables , index , additions marginales , et en général les parties d'un volume autres que son texte proprement dit , eii sont également susceptibles.
Ce que nous venons de dire des abréviations et de leur application souvent arbitraire démontre l impossibilité de prescrire des règles particulière» à cet égard ; nous nous bornerons donc à des observations générales.
Les adverbes numériques primo, secundo, etc., s'expriment par leur nombre en chiffres arabes suivi
d'un o supérieur. Ainsi on imprime toujours de cette manière : 1^, 2*^, 3", etc.
Les noms de nombres ordinaux, au lieu de se mettre en toutes lettres , sont souvent abrégés ; leur nombre, soit en chiiiics romains, soit en chiffres arabes, selon
17G PAUTIE I, CHAPITRE V.
le cas , et suivi d'un r supérieur , reinplace radjectif numérique qui en est i'ormé. Le nom de nombre premier, première , eu égard à la différence de sa terminaison , s'abrège en l*"' , 1" .
Il en est de même pour certains formats de livres dont les noms peuvent s'abréger ainsi : in-f**, in-l**, in-8«.
Les ouvrages de sciences ou d'arts , qui ont leurs ahrêvialijons particulières , doivent en porter la -liste en tête du livre. Tels sont les dictionnaires , pourlesquels principalement cette ressource est précieuse , à cause du grand nombre de mots qui se représentent à chaque article , et qui , réduits souvent à une seule lettre ou à une syllabe , ont en même temps l'avantage d'occuper une moindrç place , et d'accélérer la lecture eu simplifiant les signes des idées.
Les mots abrégés par apocope, c'est-à-dire ceux dont on retranche une partie quelconque à la terminaison , doivent être suivis d'un point, comme signe iï abréviation, indépendamment des autres signes de ponctuation que la position de ces mots peut exiger après eux. Seulement on ne répéterait pas le point, si l'un de ces mots se trouvait à la fin d'une phrase, position que l'on doit généralement éviter.
Les mots abrégés par syncope, c'est-à-dire ceux dont on retranche une partie intérieure , et dont la terminaison est indiquée en lettres supérieures , ne prennent pas le point comme les autres. Faute à nous lie pouvoir présenter des règles à cet égard , en
raison de la grande diversité des mots que l'on peut
se trouver dans la nécessité d'abréf;er, nous nous bornerons à dire qu'il faut, autant que possible , conserver le radical du mot , afin qu'il soit toujours reoonnaissable, et qu'on ne doit jamais, à moins d'un
besoin absolu , abréger un mot de sa syllabe finale.