ACCENTS
Nous ne parlerons ici des accents que sous le rapport typographique, laissant aux grammaires et aux dictionnaires le soin de faire connaître les règles de l'accentuation de notre langue.
Nous allons indiquer les lettres accentuées dont il est à propos qu'un caractère soit muni , et les principaux idiomes européens pour la composition desquels elles sont nécessaires.
Français, àè é âêîôû ëïii
Latin. àèô âêîôû ëïii Italien. àèiôiiaéioii
Espagnol. i é i 6 u âêiôû n
Portugais. aëioii âéîÔÛ âo
Allemand. a ô û
Relevé, àèièù àéioù âêîôû âèïôu Son.
L'anglais n'admet aucun accent. Le latin ne les prend
que facultativement ; mais dans cette langue ils servent à donner dans certains cas plus de clarté au sens , en prévenant toute équivoque sur la valeur des mots.
L'es lettres accentuées dont nous venons de présenter le tableau général devraient être fondues en bas-de-casse et en capitales, en romain et en italique; il est cependant peu de caractères assez complets pour offrir la réunion de toutes ces sortes.
L'accentuation grecque , par la multiplicité de ses voyelles, par la combinaison très -variée des trois accents , des deux esprits , du tréma et de Tiota souscrit, ofireune diversité beaucoup plus grande. Chaque mot de cette langue porte au moins un accent, indépendamment des autres signes 'modificatifs. De là l'extrême complication de la casse grecque , comparativement à la casse ordinaire.
De toutes les langues de l'Europe , le français est celle dont l'accentuation est la plus étrangère aux lois de l'analogie. Elle y est de plus arbitraire dans un certain nombre de mots. Il résulte de cette double imperfection de notre grammaire que la typographie , malgré ses soins les plus attentifs à persister dand un système uniforme, est exposée à commettre de fréquentes anomalies. Il est donc nécessaire de se fixer d'avance sur les points qui restent indécis , et de ne jamais déroger à la méthode que l'on a primitivement adoptée. Si l'hésitation des arbitres de 1^ langue sur certaines questions philologiques , si la privation enfin d'un régime grammatical bien établi , nous mettent
dans le cas de faire des livres qui diffèrent entre eux sous ce rapport y veillons du moins à ce que le même livre soit exempt de ces disparates et conséquent avec lui-même.