‹ Traité de la typographie (volume 5)Chapitre 23 sur 126 · DE LA COMPOSITION PROPREHENT DITE · texte numérisé non relu

DE LA COMPOSITION PROPREHENT DITE

La composition proprement dite ( c'est-à-dire absr traction faite des diverses autres fonctions qui sont du ressort du compositeur) consiste à rassembler les lettres une à uixe pour en former successivement , et suivant un modèle donné, des mots, des lignes, des pagçs y etc. Nous allons expliquer comment on y: pro-^ cède.

Ainsi que nous Tavons dit plus haut , les différentes sortes de lettres composant un caractère sont distri-r buées dans une boite à coinpartiments appelée casse, La casse est posée sur une espèce de pupitre placé à hauteur convenable , et qu'on nomme rang. C'est de- V vant le rang que se tient le^ compositeur lorsqu'il travaille^

Le composteur étant monté à la justification con-r yenue, il prend chaque lettre, l'une après l'autre, dans le eassetin spécialement consacré à La sorte à laquelle elle appartient. Dans cette opération, l'œil doit suivre attentivement et diriger tous les mouvez menls de la main. Celle-ci doit saisir la lettre par la tête , c'est-à-dire par l'extrémité à laquelle est situé l'œil, et la placer dans le composteur suivant le sens indiqué par son cran. La promptitude, la justesse et la régularité avec lesquelles ce mouvement doit s'exécuter constituent chez un compositeur ce genre d'habileté qui consiste à bien lever la lettre ; et , comme

)e nombre des lettres contenues dans une feuille est )a base ordinaire du salaire de TouTrier, ce talent lui est très-précieux pour lui-même. Quant à Texactitude nécessaire pour diriger sa main vers le cassetin y c'est rbabitude qui la lui donne , et l'attention qui l'entretient en lui. Cette dernière qualité est également pour lui du plus grand prix; elle lui 'épargne des bévues qui ne se réparent jamais qu'à ses dépens.

La main droite du compositeur est celle qui prend les lettres , et exécute le mouvement qui les porte de la casse au composteur ; la main gauche tient cet instrumei^ty en maintenant avec le pouce les lettres déjà rangées et en facilitant le placement de celles qui y arrivent successivement. Lorsque le composteur est rempli , on justifie la ligne de manière à ce que les lettres y soient solidement maintenues^ sans cependant que la dernière entre de force y afin qu'on puisse enlever la ligne du composteur sans trop de facilité ni d'effort, La ligne étant ainsi justifiée , on pose en dessus l'interligne de l'ouvrage , s'il doit y en avoir, ou une interligne provisoire , au moyen de laquelle on la sort du composteur pour la placer dans la galée.

^ Lorsque le nombre de lignes, composées de cette manière y est celui que doit contenir la page , on les lie ensemble avec un double tour de ficelle y puis on enlève la page de la galée , on la place sur up papier ployé en quatre épaisseurs y que l'on nomme portepage; ensuite on la place dans son rang de casse.

^ Voilà à quoi se réduit le travail de la composition

proprement dite , celui des ouvriers qui sç bornent à faire des paquets. La mise en pages est l'opération qui fait suite à celle que nous venons de décrire. Celle-ci n'en est qu'une facile ébauche , eu égard à la simplicité et à l'uniformité de ses fonctions ; c'est elle néanmoins qui occupe la plus grande partie des ouvriers, parce que seà'f ésultats sont les plus nombreux, et forment l'objet principal de la composition , considérée dans un sens général.

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