‹ Traité de la typographie (volume 5)Chapitre 4 sur 126 · ÎL-- · texte numérisé non relu

ÎL--

xij PREFACE.

dans un ouvrage spécial, nous nous sommes écarté le moins possible du langage vulgaire. Nous nous sommes constamment appliqué à définir les mots et à expliquer les faits, afin de nous mettre à la portée de quiconque a intérêt d'acquérir les connaissances relatives à la fabrication des livres. Ainsi nous espérons être parvenu à nous rendre intelligible aux libraires, aux éditeurs et aux auteurs, toutes personnes auxquelles nous desirons que ce livre puisse être de quelque utilité.

Que si nos lecteurs étaient portés à nous reprocher d'avoir été minutieux dans certaines énumérations , dans certains développements, nous leur répondrions que nous avons omis tous les faits qui nous ont paru superflus ou vieillis , mais que nous avons scrupuleusement consigné toutes les circonstances, même d'une importance subalterne, que nous avons jugées nécessaires au complément de nos explications ; convaincu que dans une composition didactique la crainte d'être fastidieux doit toujours céder au danger d'être obcur ou inexact.

PRÉFACE. xiij

Il est encore un autre genre de blâme que nous avons sciemment encouru, c'est celui que pourraient nous attirer certaines recommandations , qui, trouvant également leur application dans une partie de ce Traité et dans une autre, ont été parfois reproduites, dans la crainte que le lecteur ne les rencontrât pas là où il croirait devoir les chercher. Puissions-nous , dans un ouvrage où nous tentons d'ériger en théories les résultats d'exercices pratiques , ne pas présenter le contraste trop fréquent du précepte et de l'exemple!

TRAITE

DE LA

INTRODUCTION

De la naissance de l'imprimerie et de la propagation de cet art.

C'est un fait digne de remarque , que l'invention qui a contribué le plus puissamment à perpétuer les souvenirs historiques n'ait pu jusqu'à ce jour répandre quelque clarté sur le mystère qui enveloppe sa propre origine. Trois villes, Mayence, Strasbourg et Harleim, se disputent l'honneur d'avoir été le berceau de l'imprimerie. Quant à l'époque de sa naissance, on la fait généralement remonter à la moitié du quinzième siècle. Il résulte néanmoins de l'hésitation des érudits sur ce point une incertitude qui porte à«la-fois sur l'auteur, sur le lieu et sur l'année de cette découverte. Si l'on considère la proximité des temps et des lieux témoins de cet

xvj INTRODUCTION.

événement, on s'expliquera difficilement les causes qui suspendent encore la solution de ce triple problème. Le concours des traditions contemporaines et des plus savantes investigations n'a donné pour résultats que des probabilités plus ou moins fondées, mais jamais une évidence suffisante pour triompher des scrupules de l'histoire.

Depuis le commencement du seizième siècle jusqu'à nos jours, un grand nombre d'ouvrages ont été publiés sur cette matière dans différents pays. Les historiens et les bibliographes se sont livrés aux recherches les plus laborieuses et les plus diverses , sans parvenir à une certitude irréfragable sur aucun des trois points controversés. Nous ne prétendons pas jeter un jour nouveau sur une question discutée par les écrivains les plus recommandables ; nous nous bornerons à présenter le résumé succinct des opinions qui nous ont offert le plus de vraisemblance , et que doivent faire prévaloir le nombre et la consistance des autorités qui les ont soutenues, jusqu'au jour où quelque monument authentique fera jaillir la vérité de cet amas de conjectures.

Vers l'année 144^9 Jean Genssflech, ou Guttemberg, surnom qu'il a depuis immortalisé, ne en i4oo d'une famille noble de Mayence, conçut le dessein de substituer au travail long et dispendieux des manuscrits un procédé mécanique qui multipliât

INTRODUCTION. xvij

à rinfinî les copies d'un ouvrage. Éclaire sans doute par les résultats déjà connus de la xylographie, il imagina de graver sur des planches de bois des lettres* en relief, dont la surface , enduite d'une certaine composition , et mise en contact avec une feuille de vélin, dût produire uâe empreinte analogue à celle de l'écriture. Il choisit en conséquence les fonnes de ses nouveaux types dans les manuscrits les. plus remar<}uables tle cette époque , et il se livra ^ avec ardeur à l'exécution de son projet. Mais les frais résultant de ces premiers essais épuisèrent promptement ses ressources pécuniaires. Les avances qu'il eut à. Élire pour l'achat des planches de bois, qui , employées une fois, ne pouvaient plus être d'aucune utilité , la lenteur de ces travaux , l'éloignement et l'incertitude de leur produit le déterminèrent à chercher un collaborateur.

£n 1444? îl quitta Strasbourg, où depuis huit ans il s'occupait de mettre à nn son entreprise, et se rendit à Mayence. Ce fut dans cette ville qu'il s'adjoignit d'abord Jean Fust, ou Faust, qui y exerçait la profession d'orfèvre; et ils formèrent ensemble une association dans laquelle l'un apporta son ladustrie^ source de bénéfices ultérieurs, et l'autre une somme destinée à, subvenir aux premières dépenses. Leur société s'augmenta plus tard de quelques autres membres dont les noms ne sont

xviij INTRODUCTION.

pas venus jusqu'à nous ,. si l'on en excepte toutefois celui de Meydenbach ; iriais leur rôle $e borna exclusivement à celui de bailleurs de fonds.

Pendant son séjour à Strasbourg, Guttemberg avait mis au jour, au moyen de son nouvea» procédé, deux traités composés pour les 'écoles , et dont, en raison de leur fréquent usage, il espérait débiter promptement les copies imprimées. Il pgndtt^que Faust, initie par lui aux secH^ts de l'art qu'il vonait de créer, et frappé de l'imperfection des planches, dont la destination était spéciale , conçut l'idée d'eu composer avec des lettres isolées, dont la com« binaison arbitraire pût acqu^^rir une application universelle. Cette modification importante reçut une prompte exécution , et elle eut pour premiers résultats la Grammaire de* Donat, ainsi que quelques autres ouvrages. Mais Guttemberg et Faust s'aperçurent bientôt que la substance de ces caractères , dont l'emploi n'était plus borné à une steiile impression, manquait de la solidité nécessaire; et ils imaginèrent de fabriquer des types métalliques. Obligés de recourir au secours d'une main étrangère pour l'accomplissement de ce nouveau projet^ ils admirent dans leur confidence Pierre SchosfFer, domestique de Faust, q«e celui-ci avait jugé capable de seconder leur entreprise. Les travaux de SchœfFer répondirent pleinement à lexit attenté ; il grava des ,

INTRODUCTION. xix

poinçons en relief, avec kstjuelft il frappa des ma* trices. Ces matrices, ajostiées dans des moules de fer, servirent à la fonte oos caractères , dont Falliage se modifia jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu le degré de consistance convenable. Faust récompensa left soins et l'babileté de son ancien serviteur en lui donnant pour épouse sa fille unique.

Ce lut au moyen» de ce dernier procédé qu'ils firent une Bible latiœ , dont l'impression dura sept à huit ans et fut achevée en i45o. Si l^on considère les fi^is de tout genre que leur coûta la config^tion de ce grand ouvrage , les immenses préparatifs qu'ils eurent à faire avant de parvenir à leur but , les difficultés qu'ils eurent à vaincre , les précautions qu'ils durent prendre pour ensevelir leur découverte dans un silence aussi prolongé, dh ne peut assez admirer l'exécution miraculeuse de ce premier monument de la typographie. Nous trouvons dans l'iiistoire des sciences et ^à&& arts quelques inventions non moins étonnantes que celle de l'imprimerie; mais elle n'en oâre aucune dont l'accomplissement ait été aussi rapide , et en même temps aussi complet.

. N<ous venons de voir les trois périodes distinctes qui marquent^ la naissance de l'ait. La première est la gravure des planches -fixes; la seconde est la décomposition de ces planches de bois en types mobiles de la même matière qui en généralise

XX INTRODUCTION

l'emploi; enfin la froîsième est la fabrication du moule qui multiplie ces lettres à l'infini et avec la plus parfaite identité. Ce n'est réellement que de cette dernière période que date l'origine de l'imprimerie, qui jusque-là conservait avec la gravure une aflSnité trop intime. Il est donc juste de confondre dans notre admiration les trois grands génies qui ont concouru à cette tâche immortelle. Guttemberg a la gloire d'avoir conçu le premier l'idée de cet art; Schœffer a eu le mérite non moins grand d'une exé^ cution laborieuse et couronnée du succès; Faust, qui prit part à leurs travaux , qui les dirigea en lea perfectionnant, a les mêmes droits à la recoùnais^ sance de la postérité.

Leur association ne subsista que peu d'instants après l'époque où elle s'ëtait illustrée. Dans la mêtne année où ils publièrent la Bible ^ il s'éleva entre eux des débats d'intérêts qui entraînèrent une rupture : Guttemberg resta à Mayence , où il poursuivit ses travaux. Faust et SchœfTer demeurèrent associés , et continuèrent aussi à imprime;^ dans la même ville. Ce ne fut que quelques années après la dissolution de la première société que l'existence de leur découverte acquit de la publicité ; jusque-là iis avaient su la cacher à tous les yeux , pensant tf*ouver dans ses résultats futurs le dédommagement de leurs efforts et de leurs sacrifices. Les premiers produits de leurs

INTRODUCTION, xxj

presses étaient des imitations, et Von peut dire des contrefaçons de manuscrits. Profitant de l'ignorance de leurs contemporains sur le procédé- qu'ils mettaient en usage , ils y trouvèrenjt le douUe avantage de vendre comme copies mauQscrltes leurs exemplaires imprimés, et de s'assurer ppur quelque temps la possession exclusive du fruit de leur industrie. Mais d'une part la comparaison de quelques-unes de ces prétendues copies, de l'autre l'indiscrétion des personpe^ chargées d'exécuter sous leurs yeux certains travaux relatifs à leur art , en divulguèrent bientôt le secret.

Faust se rendit, à Paris, en i46a , avant que la découveite de l'imprimerie fût connue en France. Il emporta avec lui un certain^i^ombre d'exemplaires d'une Bible qu'il avait imprimée conjointement avec SchœfFer. II. les vendit d'abord comme manuscrits ; mais il réduisit bientôt ce prix.au dixième , puis.au vingtième de leur, valeur primitive. Ces variation^ de prii; et la ressemblance parfaite des volumes causèrent une surgrise générale. L'ignorance supei^ stitieuse de ce temps fit envisager comme un sortir lège cette production extraordinaire de l'imaginatioQ huB^ine. On fit des recherches dans la maison que Faust habitait ; on y trouva une certaine quantité de ces livras ; les ornements en ehçre rouge qui décoraient plusieurs pages passèrent pour avoir été tracés

xxij INTROBDCTION.

avec son sang. Il fut tnis en prison , et convaincu de magie. Mais^ Louis XI ordonna qu'on lui rendît la liberté , sous la condition qu'il ferait connaître les moyens qu'il avait employés pour multiplier dans cette proportion inouïe les copies d'un même livre. Faust mourut à Paris eu 1 466 ; on croit qu'il fut victime de la peste qui désola cette ville dans la même année.

Nous venons d'exposer en très-peu de mots non la vérité, mais la vraisemblance sur l'origine de l'imprimerie. Cette matière méritait sans doute plus de développements ; et nous l'aurions traitée avec moins de brièveté, si nous n'eussions pensé qu'on ne pouvait discourir sur des conjectures aussi longuement que sur des faits , et qu'en abrégeant notre narration nous devions diminuer nos chances d'wreurs. Nous nous sommes donc borné à présenter les sommités de cet intéressant épisode des fastes de l'industrie humaine. D'un autre coté, comme plusieurs villes .et plusieurs individus revendiquent la gloire de cette invention , comme ce procès est encore pendant au tribunal de l'histoire, il est de notre devoir de faire connaître les réclamation^ des autres parties contendantes.

Les habitants d^ Harleim prétendent que Laurent-Jean Coster, un de leurs compatriotes ,• inventa Timprimerie vers l'an 1 43o , et qu'à la naissance de

INTRODUCTION. xxiij

cet art il se servit des plaifiobes fi&es en bois. Seloa euK , il abandonna bientôt ce procédé , il se mit à tailler des. poinçons en acier, à frapper des matrices y. et à fonclre des lettres de métal. Us assurent que ^ pendaDt qu'il était à l'église , Guttemberg , son collaborateur , lui déroba les instruments de son art , et s'enfuit à Mayence, où il passa pour en être l'inventeur. Ils parlent beaucoup d'un livre intitulé De Spiegel, imprimé dans leur ville en hollandais et èa latin , et ils affirment que ce livre est le premier produit de la typographie ; mais comme il ne porte pas de date , cette assertion manque de preuves, et peut être suspectée de partialité. Ils n'en célèbrent pas moins encore une féte^ séculaire ,en l'honneur de la prétendue découverte de Coster.

Yoîci d'un autne coté les titres que les habitants de Strasbourg ont fait valoir. Us disent que Jean. .Mentel, citoyen de leur ville, conçut le premier ridée de l'imprimerie, qu'il s'adjoignit Guttemberg dans ses travaux , ^e celui-ci profita de ses ouvertures et se rendit à Mayence, où il devança Mentel dans l'exécution <ie son projet. Us appuient leurs prétenitions des lettres de noblesse qui lui furent envoyées par l'empereur Frédéric III. Il est bien constant que Mentel fut le premier imprimeur qui s'é.tablit à Strasbourg, et un fle^ premiers qui exercèrent cet art hors dcMayence. De là vient sans doute

xxîv INTRODUCTION.

qu'on lui a attribué le mérite de l'invention , et qu'il en a reçu la récompense.

Mayence, Strasbourg et Harleim ne furent pas les seules villes qui voulurent enrichir leurs annales du fait glorieux que chacune d'elles attribua à un de ses enfants. Ce titre d'illustration fut brigué par d'autres villes de l'Europe (i), mais avec trop peu de fondement pour qu'on doive s'arrêter à leurs prétentions.

Qusqit à l'ancienne tradition qui désigne la Chine comme le berceau de çeï art, il est certain qae l'imprimerie tabellaire y fut connue long -temps avant qu'on en fît usage dans l'Occident; mais il n'est pas moins avéré que les types mobiles et métalliques y furent apportés par les Européens.

Dès que. le secret des inventeurs fut divulgua , une foule d'établissementa de ce genre se formèrent promptement dans différentes contrées de l'Europe. Paris fut une des premières villes qui en reçurent; Ulric Gering, Crantz et Fribuiger commencèrent à y imprimer en il^'jo. A la fin du siècle il existait d<^à plus de deux cents imprimeries , dont les nom» breux produits attestaient l'eKcellence de cette découverte.

(i) Augsbourg , Bâle , Bologne , Dordrecht , Feltri , Florence , Lubeck, Nuremberg , Rome , Russembourg , Schelestadt et Vedise.

xxr

INTRODUCTION

La France fut un des pays où son importation fit les progrès les plus rapides (i). Au commencement du seizième siècle, Simon de G)lines etlesEstienne, littérateurs pleins d'érudition, donnèrent des éditions remarqusâ^les à la fois par^ la beauté de l'impression et par la pureté irrépréhensible du texte. Dans le

(x) Nous avons réuni dans le tableau suivant la liste des imprimeurs qui s*y établirent dans les trente dernières années du quin«ième siècle , et les noms des villes où ils exercèrent leur profession.

1473. Bartbélemi Buyer, à Lyon.

Jean de Jarre et Jean de Morel

li, à Angers.

Pierre Lerouge,

à Chablis.

Joanues Teutonicus ^

à Toulouse.

J. Bouyer,

à Poitiers.

Duraudus et Egidius Quijone ,

à Caen.

Pierre Schenck ,

à Tienne.

Guillaume Lerouge,

à Troyes.

G. L. de Nimègue,

à Bois-le-Duc.

R. Fouqoiet ,

à Loudéac.

P. Bellesculée et Josse ,

à Rennes.

Jean Dupré et Pierre Gérard,

à Abbeville.

Jean Comtel ,

à Besançon.

Guillaume leTiiUeur, .

à Rouen.

Mathieu Yivan ,

à Orléans.

Pierre Metlinger,

à Dijon.

à Angouléme.

Michel' Wenssler ,

à Glugny.

Etienne Larcher,

à Nantes.

Jean Berton , **

à Limoges.

,ti^.

GuUlauine Tavemier,

à Provins.

Mathieu Lateron ,

a Tours.

Nicolas Lepe ,

%. Avignon.

iSop.

J. RoS^mbach de Heidelberg,

à Perpignan,

xxvj INTRODUCTION.

dix-septième siècle, Cramoisi, célèbre imprimeur, fut chargé par Louis XTTI de la direction de l'imprimerie royale , qui fut fondée sous son règne. L'art typographi({ue fut illustré dans le dix^liuitième par les Anisson , les Barbou , les Pierre et les. Didot. Notre siècle est redevable à MM. Pierre et Firmin Didot de plusieurs découvertes remarquables, parmi lesquelles doit figurer en première ligne la stéréotypie , dont on avait fait il y a cent ans des essais infructueux , et dont la réussite , constatée aujourd'hui par de nombreux résultats , tend à populariser l'instruction en mettant les livres à la portée de toutes les fortunes. L'exécution de cet ingénieux procédé est pour cette famille célèbre un titre de gloire non moins réel que tons les chefs-d'œuvre que leurs presses ont fait éclore, et qui, réunissant à l'observation la plus sévère des principes géométriques l'application irréprochable des règles du goût, ont porté l'art typographique à l'apogée de sa splendeur. M. Firmin Didot e$t l'inventeur des caractères Cursifs imitant la continuité des traits de la plume, et des cartes typogéographiques, véritable conquête faite par la typographie sur la gravure.

L'Italie fut une des contrées qui recherchèrent avec le plus d'empressement l'art dont la naissance venait d'étonnçr l'Europe. Le goût de la littérature, qui s'y était réfugie de la Grèce asservie, préparait

INTRODUCTION. xxrij

natureUement un accueil favorable aux presses qui devaient répandre les productions immortelles dont Boccace, Dante et Pétrarque avaient doté leur patrie dans le siècte précédent. Rome, Venise , Milan , et un grand nombre de villes , virent bientôt des imprimeries s'établir dans leur sein. Nicolas Janson , né en France , où il était graveur de médailles , se rendit à Mayence pour y étudier les secrets de la typographie , et se retira ensuite à Venise , où il se livra avec talent à sa nouvelle profession. Les Ma* Il uces. commencèrent à y exercer vers la fin du quinzième siècle ; et leur famille produisit plusieurs générations d'imprimeurs également célèbres. A la fin du dernier siècle et au commencement de celui-ci, les presses de Bodoni, imprimeun de Parme, ont rivalisé avec celles de la France. Les volumes qui en sont sortis se font généredement remarquer par la netteté du tirage; mais, sous le rapport de la gravure et de la fonte , les caractères sont loin de l'élégance et de la perfection de ceux des Didot. Nous 4ie craignons pas que cette assertion paraisse hasardée, malgré le jugement porté paç le jury fiançais , qui se prononça en faveur de l'imprimeur de ParÉie.

Les 'éditions hollandaises ont eu dans le seizième et dans le dix-septième siècle une célébrité méritée. Jean de Westphalic fut le premier imprimeur qui

xxviij INTRODUCTION.

exeri^a dans les Pays-Bas. Il «e rendit en i474 dans la ville de Louvain, qui fîit te siège dé son imprimerie. Christophe Plantin , né à Xours, établit à Anvers; en i56o, des presses qui acquirent une grande renommée. Plus tard les Blaew, les Elzevirs, illustrèrent la typographie hollandaise.

C'^t dans l'année i474 que William Caxton établit en Angleterre la première imprimerie. Il se fixa à Westminster. L'art typographique est longtemps demeuré siatîennaire chez cette nation accoutumée à perfectionner lorsqu'elle n'invente pas. Ce n'est que dans le siècle dernier qu'elle a. mis au jour des éditions qui ont surpassé ce que les autres pays avaient encore produit de phis remarquable en ce genre. Foulis de Glascow et BaskerviUe de Birmingham ont opéré dans la typographie une révolution qui a placé des lors cet art au niveau des autres branches de l'industrie anglaise. ^Angleterre peut s'honorer d'un grand nombre de découvertes et d'améliorations , dont le but est de procurer à la typographie de vastes moyens d'exploitation ; et ses presses rivalisent avec celles de la France pour l'expoptation de leurs nombreux produits.^ £n examinant leurs travaux sans partialité, sans c«t esprit de patriotisme exclusif qui nous rend souvent injustes, en comparant les éditions anglaises aux livres français 9 nous trouverons que leur papier est en

INTRODUCTION. xxix

général supérieur au nôtre , que leurs caractères sont généralement aussi mieux fondus quant à l'approche et à i alignement , qu'ils sont plus lisibles eu égard à l'identité constante de leurs types, qu'ils résistent plus long-temps à l'action de la presse; que les nôtres sont plus élégants, d'une gravure plus fine et plus .parfaite. En un mot on peut dite que leurs livres sont mieux Jàbriqués , et que l'ensemble de la typographie anglaise est plus satisfaisant, mais que les chefs-d'œuvre des pres&es françaises offrent une perfection à laquelle les leurs n'ont point atteint, et qu'enfin l'Angleterre n'a point de nom qu'elle puisse opposer à celui des Didot.

L'imprimerie fut importée en Espagne dans la même année où l'Angleterre la reçut. La première presse fut établie à Valence en 1 474- La typographie espagnole a produit peu d'éditions remarquables , si ce n'est dans ses premiers temps ; on ne peut non plus refuser à celles dlbarra, célèbre imprimeur de Madrid au dix-huitième siècle^ le mérite de l'exécution matérielle joint à celui d'une rare correction.

*Ge n'est que plus de cent ans après son invention que rhftiprimerie fut introduite en Russie, bien qu'elle se fut répandue très-rapidement dans toutes les parties de l'Allemagne ; encore la fabrication des livres éprauva-t-elle les plus grands obstacles

XXX INTRODUCTION

chez cette nation , alors plôasgée dans l'ignorance et dans la barbarie.

Peu de temps après la découverte du INouveau**- Monde , des presses européennes furent transportées dans l'Amérique Méridionale. Avant la fin du seizième siècle , un certain nombre de livres s'étaient imprimés au Mexique et au Pérou. Vers le milieu du dix-septième , cet art était pratiqué dans FAmérique du Nord.

La presse a étendu son empire depuis les rocher» glacés de llslande jusqne dans certaines îles de l'Océan Pacifique ; il n'existe plus maintenant que quelques contrées barbares de l'Afirique et de l'Asie où ses bienfaita n'ont pu pénétrer 'et porter le germe de la civilisation.

Des perfectionnemeuts iotroduits dans la typographie.

Les premières productions de l'imprimerie étaient grossières et imparfaites , comme l'ont été toutes les ébauches des arts dans leur ^ifimce. Ce n'est qu'après plusieurs générations d'imprimeurs qu'on a corn* mencé à remarquer dans les livres cette harmonie ^et cette variété dont le concours a» fait depuis Uur plus bel ornement. Une monotonie constante dans Tem* ploi des caractères , l'absence de principes fixes pour la composition , un tirage pâle et inégal^ tek étaient

INTRODUCTION. xxxj

les pôiats qui attendaient des améliorations. Voici les particularités» que Ton retrouve dans les monuments qui marquent la naissance de la typographie*

lies caractères goithiques furent les premiers dont on se servit. I^ forme carrée et anguleuse que ces lettres avaient primitivement étaient d'une plus grande facililé pour la gravure. Ce ne fut qu'après l'invention des poinçons d'acier que , pour varier la conformation de3 lettres et les rendre ainsi plus distinctes , on arrondit quelques-unes d'entre elles. Ce genre d^écriture , formé de l'écriture latine dégénérée , était en usage depuis environ deux siècles ; il s'est encore conservé chez les peuples du nord de l'Europe. Nicolas Janson à Venise, Gering, Simon de CoUn$s,IU>bert£stienne à Paris, furent les premiers imprimeurs qui se servirent des caractères romains.

L'in-folio et l'in-quarto ont été les premiers formats connus.

Les livres avaient tous l'es défauts des manuscrits, dont ils n'étaient qu'une imitation servîle. Ils ne portaient ni titres courants, ni folios. L^usage des capitale3 et des alinéas ne s'est introduit que plus lardtflj'orthographe était variable et presque arbitraire. La ponctuation était incomplète ; elle ne comportait que trois signes , le point , le comma , et un signe équivalent à la virgule, qui était figuré par une barre diagonale.

xxxij INTRODUCTION.

Les divisions des ouvrages commençaient par des lettres-grises ; c'étaient des majuscules entourées d'ornements ou de sujets de tout genre. Quelquefois on n'imprimait que la majuscule, et on laissait à un dessinateur le soin de tracer et de colorier son entourage. Ces lettres s'alignaient dans la paitie supérieure avec la première ligne , et régnaient sur la largeur d'un certain nombre des suivantes.

Il y a vingt ans on ne connaissait qu'une seule espèce de presses , celles qui y à quelques modifica^ tions près, étaient en usage dans l'imprimerie presque depuis son invention. Les perfectionnements qu'elles avaient éprouvés consistaient dans la substitution de crémaillères en fep aux cordes qui suspendaient la platine , de marbres en pierre, puis en fonte, de platines en fonte ou en cuivre , aux marbres et aux platines établis primitivement en bois. Quelques pièces avaient été simplifiées ou supprimées; d'autres avaient subi quelques rectifications. Le changement le plus ^portant qui y eût été apporté était l'introduction d^une platine de la dimension du tympan , et qui ne demandait plus qu'un seul coup de barreau pour le tirage de la feuille, au lieu de deutt^(|tte nécessitaient les anciennes platines» Mais enfin cette somme d'améliorations successives était loin de suffire aux exigences d'un art qui marchait rapidement vers sa perfection ; et , telles qu'elles étaient alors,

INTRODUCTION. xxxiij

elles demeuraient encore sujettes h une foule d'inconvënients , auxquels le temps et l'expérience devaient porter remède. Un foulage variable suivant les efforts de l'ouvrier , le défaut de justesse des parties construites eii bois , leur prompte détérioration, la position fausse de l'ouvrier tirant le barreau , tds étaient les points principaux qui laissaient cette machine imparfaite. Vers les premières années de notre siècle , on exécuta en Angleterre une presse en fonte presque entièrement semblable aux anciennes , quant à son système mécanique , mais qui résolut complètement le problème dont celle-ci ne pouvait jamais offrir l'entière solution. Dès-lors les pièces acquirent ce parallélisme parfait duquel dépend la régularité du tirage ; leur substance métallique put résister à l'influence de la température et à la continuité du mouvement qui leur est imprimé ; le degré de pression put être modifié suivant la nature du tirage , et uniforme dans un tirage identique ; le coup du barreau fut déterminé par un régulateur; enfin l'attitude de l'ouvrier devint moins pénible.

Cette première découverte en fit éclore d'autres, dont le nombre grossit chaque jour, mais dont les résultats offrent en général moins d'améliorations que dechangements. L'invention dont lord Stanhope est l'auteur a 'excité en France et en Angleterre

xxxiv INTRODUCTION.

l'cmulation des mécaniciens ; le vrai talent comme le charlatanisme se sont précipités à l'envi dans cette nouvelle carrière ouverte à l'industrie; et en peu d'années l'imprimerie a renouvelé presque entièrement cette partie de son matériel. Nous citeàons j parmi celles qui se distinguent par la nouveauté de leur conformation, la presse colombienne de Clymer, la presse à levier funiculaire dont Taylôr est l'inventeur, et celle de M. Frapié, où la pression est opérée, non par l'abaissement de la platine, mais par l'ascension du marbre.

X<es presses mécaniques , dont la création «appartient à l'Angleterre (i), parviennent chaque jour à un nouveau degré de simplification. On leur applique pour moteur, soit la vapeur, soit un nombre de.bras déterminé par la force que la presse exige. La France possède déjà plusieurs de ces machines. Elle commence même à en voir fabriquer dans son sein. Espérons qu'elle aura cette fois le sort qui semble lui être réservé dans l'histoire des inventions humaines , de perfectionner en imitant. L'importation de ce nouveau procédé est un signe certain de l'extension que prend journellement la

(i) La première presse mécanique a été établie à Londres en i8z3-i4, |iar deux Saxons nommés Xcenig et Baur. L*essai en fut fuit sur le journal The Times,

INTRODUCTION. xxxv

typographie française ^ qui est appelée à répan(h*e ses produits dans toutes les parties du monde eiviKsé. Il facilite et multiplie dans une proportion considérable les moyens d'exploitation de cet art ; mais s'il lui était appliqué exclusivement aux procédés de tirage connus jusqu'à ce jour, ii la fenait rétrograder infailliblement. Il n'ofïî'e rien qui supplée aux soins et à la surveillance continuelle de l'ouvrier, qui seuls peuvent assurer à une impression une exécution irréproQhsd)le.

Une des innovations qui ont secondé le plus puissamment l'usage des* presses en fonte est la substitution du rouleau aux balles. Quant on réfléchit à l'imperfection de ces instruments dont ia surface n'embrassait qu'une partie de la foi*me , aux soins que leur distribution et leur montage exigeaient* de là part des ouvriers, on s'étonnera que cette découverte ne date encore pour la France que de cinq à six années. Certes, avant cette époque, notre typographie avait 'déjà marqué sa régénération par plus d'une production digne d'éloges , et nous ne prétendons point dire que les résultats àe cet art aient constamment suivi pas à pas les progrès de son mécanisme; mais il n'en est pas moins certain que son état actuel , dans lequel les soins de l'ouvrier se trouvent réduits le plus possible par la perfection des machines , doit généralement

xxxvj INTRODUCTION.

donner lieu à des produits d'une nature plus satisfaisante.

De la typographie en général.

La typographie embrasse toute la série des opérations relatives à la fabrication et à Temploi des caractères. Elle comprend donc , outre la connaissance de Timprimerie , celle de la fonderie et de la gravure. Bien qu'il n'entre point dans le4)lan de notre ouvrage de traiter de ces deux derniers genres de travaux, et que notre but soit de lui donner pour circonscription les attributions de l'imprimeur, nous avons jugé à propos de renfermer dans une description sommaire de la typographie les notions préliminaires qui s'y rattachent naturellement, afin qu'on pût y parcourir sur tous se$ points, lé domaine de cet art.

La première de ces opérations est la gravure du poinçon. Le poinçon est une tige d'acijar à l'ex^tré* mité de laquelle est gravée en relieCune des lettres faisant partie d'un caractère. Le travail du graveur est sans contredit, de tous ceux qui concourent à là fabrication des livres, celui dont l'exécution requiert un talent plus spécial et dont les habiles résultats, procurent le plus justement à leur auteur le titre honorable d'artiste. Pour se livrer à ce genre de

INTRODUCTION. xxxvij

gravure, il faut avaat tout être doué d'une grande justesse de coup d'œil ; car c'est la vue seule qui en redresse les défauts. I/étude des bons modèles , faite av^ disceraement , est également nécessaire. C'est ordinairement le même graveur qui est chargé de tous les poinçons d'un même caractère.' Lorsqu'il est fixé sur la condition primitive , qui edt la forme générale qu'il doit donner au caractère , il grave comme essai une première lettre , qu'il retouche jusqu'à .ce qu'elle puisse servir de base pour les autres. Chaque lettre doit être passée au calibre ^ instrument qui mesure la hauteur de l'œil de la lettre. Le calibre doit mesurer : i"* les lettres sans prolongement, telles que l'o , le n , etc., et la portion équivalente dans les autres lettres, cette partie étant fondamentale poitr tout !e caractère; a"" le prolongeintent , sait supérieur, soit infmeur, des lettres du bas de casse ; 3° les grandes capitales ; 4** les petites capitales, lorsque leur hauteur excède celle des lettrées ordinaires ; 5*" les lettres à double prolongement , commid le Q , le /*, la parenthèse , le crochet, etc«

La largeur de Toeil de la lettre, ne pouvant être déterminée comme sa hauteur, ne peut ncm plus être assujettie à une mesure commune aibsi que cette dernière dimension. Mais il est certaines lettres que l'analogie de leurs formes indique au graveur

xxxviij INTRODUCTION.

comme devant être identiques dans leurs propor-^ tions': tels sont d'une part le b , le d, le p et le q, et d'une autre part le n et Tu. Les efforts du graveur doivent tendre constamment à ramener chaque poinçon à un système uniforme de gravure, de manière à ce que toutes les lettres d'un même caractère considérées collectivement offrent l'harmonie la plus parfaite. Pour faire épreuve du poinçon y on le présente à la flamme d'une bougie , et on en prend l'empreinte sur une carte sèche et bien lisse , qui doit reproduire avec la plus grande netteté les gras et les fins de la lettre. Cette épreuve s'appelle un fumé. Le graveur doit faire d'abord un fumé de chaque lettre isolément , afin de corriger les imperfections de détail, et ensuite un fumé général du caractère , pour allégir ou regraisser les lettres dont les pleins seraient trop lourds ou trop légers, et pour corriger les autres défauts d'ensemble.

Lorsque le poinçon a été définitivement retouché et qu'on lui a donné la trempe nécessaire , on s'en sert pour frapper la matrice. La matrice est un morceau de cuivre , dressé en forme de parallélipipède. Pour opérer là frappe de la matrice, on pose sur un point déterminé de l'une de ses faces' l'ex"* trémité gravée du poinçon , et on l'enfonce à l'aide d'un marteau, en frappant sur l'autre extrémité,

INTRODUCTION. xxxix

qui , en raison de cette opération , doit offrir une surface un peu plus large. Pour les frappes dont la gravure est d'une finesse particulière, on se sert quelquefois de matrices incrustées d'argent, ce métal étant plus tendre et susceptible de reproduire avec une netteté plus parfaite l'empreinte du poinçon. Il arrive assez fréquemment que le poinçon se casse pendant la frappe , soit par la faiblesse de la trempe, soit par un défaut de l'acier^ soit enfin parce que le poinçon n'a pas été placé pour l'opé* ration dans une position convenable. Les matrices d'ai^ent préviennent beaucoup de ces accidents.

Après la frappe des matrices , on procède à leur justification. Cette opération a pour but de les équarrir dans le sens de l'empreinte qu'elles ont reçue, et d'égaliser leur profondeur, qui a pu varier à la frappe, en limant la face creusée par le poinçon. La frappe et la justification des matrices doivent être confiées à un mécanicien intelligent, et qui ait des eonnaissances pomtives en métallurgie.

C'est immédia^înent après ces deux opérations que commence la^ série des travaux qui; sont du ressort de la fonderi e.

Le moiile qui sert à la fonte des lettres se compose de quatre parties , dont deux sont invariables comme la forcé de corps, et les deux autres^ bien que parallèles , se. rapprochent ou s'éloignent suivant

xl I]NTROJ)UCTION.

répaUseur de la .lettre* L'ouvrier place la matrice à rextrémitë du moule, où elle est assujettie par un crochet en fer. U prend avec une cuiller la matière qui est en fusion dans le creuset , et la verse danâ une espèce d'entonnoir formé à cet effet par les deux pièces du moule. La matière tombe perpéndi-^ culairement ; et , afin que le mëtal se précipite plus rapidement y le fondeur opère avec la main gauche, qui tient le moule, un mouvement tendant à faire pénétrer plus sûrement la fonte dans toutes les cavités de la matrice. L'ouvrier démonte chaque fois le moule pour en extraire la lettre qui vient d'être fondue.

Comme il arrive fréquemment que plusieurs ouvriers fondeurs travaillent à un même caractère, il est nécessaire que le chef chargé 4e le^ diriger s'assure si leur ouvrage concorde sous le rapport de de la hauteur, de la force de ccnrps, de la pente 4 de l'approche et de l'alignement des lettres. L'exécution constamment uniforme de ces conditions est de la plus grande importance pour, la perfection des caractères* ^

Les opérations qui succèdent à la fonte proprement dite, et*qui sont relatives à V apprêt des lettres, sont : '

1° La rompurcj qui a pour objet de détacher du pied de la lettre un excédant de. matière qui est

INTRODUCTION. jjj

nécessaire pour la fonte, mais qui. ne doit pas subsister 9p)rès cette opération ;

2° hak/roUenie, dont le:but ést4ie Êdre dbpai^tre les barbés qui adhèrent aux aaigles des lettres , ce que Ton fait en frottant sur une pierre unie les deux faces ^ latérales dont la distance est la mesure de l'épaisseur;

S"" La composition, qui se fait par sortes et dans de longs composteurs en bois..

Après cette opération , les lettres arrivent à Yap' prêt proprement dit. Elles passent du composteur de. bois dans une espèce de composteur en fer^ qui fait partie de l'instrument appelé ûoùpoir. Elles se trouvent da(ns le ooupoir placées perpendiculairement , et maintenue^ à l'aide d'une vis qui le serre et le desseire au besoin. Au moyen du coupoir et de dijBerents rabots fiiits pour cet usage, cw pratique d'abord une gouttière sous le pied de la lettre, pour faire disparaître les. aspérités qui restent après la rompure, et qui feraient varier la hauteur; ensuite on fait les talus , en abattant les angles* inuttlés de la surface qui porte l'œil de la lettre ; enfin 4m ajoute les crans supplémentaires, lorsque l'imprim'eur en a demandé. Toutes ces opérations se font, non sur chaque lettre isolément , mais sur tout un composteur à la fois.

Les lettres , après avoir subi l'apprêt , sont re-

xUj INTRODUCTION.

placées dans les composteurs, pour y être toutes examinées successivement, et reformées lorsque quelque défaut empêche qu'on ne puisse s'en servir. On en fait ensuite des paquets , oii toutes les sortes sont rangées distinctement, et sur lesquels est inscrite l'indication de leur contenu. Il n'y a aucun inconvénient à ce que lescadrats et les espaces soient mis en cornets , pourvu toutefois que chaque sorte d'espaces soit séparée.

Ici s'arrête la série des opérations typographiques qui précèdent l'impression. La suite de ce résumé laconique , faisant l'objet de ce Traité , s'y trouvera avec tous les développements qu'dle comporte. Nous répétons que nous n'avons point prétendu suppléer par ce rapide aperçu à la description d'une partie de la typographie étrangère à nos. études et à nos occupations; et que notre but sera complètement atteint, si nos lecteurs peuvent en retirer la connaissance sommaire de cet art , dont les branches , maintenant divisées, demeucèrent quelque temps réunies en un seul faisceau.

Page 1