TIRAGE PROPREMENT DIT
Tandis que l’un des imprimeurs s’occupe à prendre l’encre , à la distribuer et à toucher la forme, l’autre est chargé du tirage propy^ement dit.
Ce dernier prend sa feuille sur le pupitre, la place sur le tympan, abaisse d’un seul mouvement ( qu’on appelle le moulinet ) la frisquette et le tympan , roule le train sous la platine , tire le barreau, déroule le train, relève le tympan et la frisquette avec la main droite, et de la main gauche soutient la feuille , qu’il reprend ensuite de la droite lorsque cette main est dégagée, et qu’il remet sur le banc, en un tas bien dressé.
Cette opération demande de l’imité dans le mouvement, qui est exécuté avec promptitude. La feuille doit être placée bien exactement sur la marge; si c’est dans les trous des pointures, il faut prendre garde de les agrandir, et d’occasionner ainsi des variations de registre. Le moulinet doit être fait avec précision, pour que la frisquette ne s’abatte pas sur la forme. Le train doit toujours être roulé au même point, pour que la platine
porte cTune manière égale sur le tympan ; il ne doit être déroulé qu’autant que cela est nécessaire au relevage du tympan , afin que la frisquette conserve son inclinaison telle qu’elle a été réglée par la position de la servante.
La retiration ’ est le tirage du second côté du papier.
Lorsque l’ouvrage tiré est imposé par demifeuille, le papier se met en retiration sur la meme forme, soit après la totalité du tirage en blanc, soit après une partie seulement , si le tirage est considérable et le papier exposé à se sécher. On doit éviter, quand on le peut, de mettre du papier trop promptement en retwation; mais, d’un autre côté, il est bon de ne pas l’y mettre plus tard que le surlendemain du jour où il a été tiré en blanc.
Quand tout le papier a été tiré d’un côté, l’imprimeur l’enlève de dessus le pupitre, et le retourne dans le sens requis par le format.
Pour l’in-douze, le papier se retourne dans le sens le plus étroit, ainsi que l’indique d’ailleurs la position des pointures.
Pour l’in-octavo et autres formats analogues, le papier se retourne dans le sens le plus large ,
1 Le mot reliralion peut venir du verbe retirer, tirer de nouveau, ou du substantif réitération, corrompu par le langage technique. Ce qui viendrait à l’appui de cette seconde hypothèse, c’est que les Anglais le traduisent par réitération.
TIRAGE
excepté clans certaines impositions combinées, où il doit être retourné comme pour l’in-douze. Dans ce cas, l’imprimeur doit en être averti.
L’imprimeur donne tierce de la seconde forme, l’arrête dans la même position que la première , s’assure du registre et vérifie la garniture.
Il place sur la marge une feuille de décharge, après avoir diminué d’un tour de vis le foulage de la presse pour compenser cette épaisseur. L’objet de cette feuille est de recevoir une partie de l’encre du premier côté , laquelle se détache plus ou moins à la retiration par l’effet du contre-foulage ; elle doit être renouvelée par l’imprimeur dès qu’étant trop chargée d’encre elle menace de maculer la feuille imprimée.. On emploie ordinairement pour cela un papier fin et uni , pour qu’il ne produise pas d’inégalités nuisibles au tirage, assez moelleux pour ménager la lettre, et légèrement collé, afin qu’il ne prenne pas trop d’encre du premier côté.
La feuille de décharge se fixe sous les pointures , qui la maintiennent. De plus on la colle du bas, et on fécorne comme la marge , pour éviter qu’elle ne suive la feuille que fouvrier enlève de dessus le tympan après le tirage.
Ces dispositions faites, l’imprimeur apporte à la mise en train les modifications que demande la nouvelle forme.
Les feuilles de la retiration se pointent au lieu de se marger. Cette opération demande de l’attention ; si la feuille n’est pas bien fixée, elle glissera, ou les trous s’agrandiront, ce qui détruirait la justesse du registre.