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ROULEAU

Lorsque la forme du rouleau eut été reconnue plus avantageuse que celle de la balle, sous plusieurs rapports qui n’ont pas besoin d’être énoncés tant ils sont palpables, divers essais furent tentés pour trouver la matière qui convenait le mieux à cet usage. On pensa d’abord à se servir de peau de même que pour les balles ; mais plus tard on s’avisa d’une composition qui put se modifier suivant les besoins de la touche, une des fonctions les plus délicates du tirage. Cette composition est un mélange de colle - forte et de mélasse ^ qui produit une pâte à la fois solide et élastique. On la coule dans un moule spécial sur un mandrin en bois. Les deux poignées sont adaptées à une bande de fer, recourbée en équerre à ses deux extrémités. Cette monture est maintenue par une tringle également en fer, qui, traversant le mandrin dans sa longueur, est fixée à l’un des bouts de la monture par une rivure, et à l’autre par une clavette ou par un écrou. Le diamètre du rouleau ordinaire de presse manuelle est de huit à neuf centimètres. Le mandrin doit rester brut et rugueux, afin que la pâte soit adhérente.

Pour fondre le rouleau, on fait détremper la colle dans beau pendant vingt -quatre heures, en la retournant trois ou quatre fois pendant ce

1 II existe des pâtes spéciales, dont la composition est faite d’avance et qu’on n’a plus qu’à fondre et à couler. Certaines de ces pâtes sont d’un emploi avantageux.

temps, et en ayant soin de ne mettre que la quantité d’eau strictement nécessaire. La colle doit être épurée et de bonne qualité, et hachée menu. Lorsque l’eau , versée à fleur de la colle , a été absorbée par elle , on place la marmite qui la contient dans une autre marmite, pour que la colle fonde au bain-marie. On l’écume, et lorsqu’elle est entièrement dissoute , on y verse pareille quantité de mélasse à mesure que la pâte s’épaissit, et on remue le tout pour faciliter la fusion des deux substances.

La composition, fondue à point, est versée dans un moule, qui est fait en zinc ou en fonte. Lorsqu’elle y est restée au moins douze heures, on en retire le rouleau, et on l’expose à l’air pendant pareille durée , afin qu’il ait le temps de se rasseoir et d’acquérir la consistance nécessaire.

Les moules diffèrent de longueur et de diamètre, parce que les formes demandent des rouleaux appropriés à leurs dimensions, qui sont variables.

Lorsqu’on refond de vieux rouleaux, il faut avoir soin de les laver préalablement avec de la lessive, pour les dégager de l’encre ou des autres impuretés qui pourraient altérer la matière, et d’y mêler de la matière neuve.

La température influe beaucoup sur les 7‘ouleaux; aussi doit -on de préférence les déposer dans un endroit où elle soit modérée. La gelée et le hâle les durcissent, le soleil les fait fondre, l’humidité les amollit et empêche qu’il ne s’y forme un épiderme. C’est pourquoi il est bon d’en avoir toujours en réserve une partie qui soient un peu

TIRAGE

plus forts en colle cl l’autre en mélasse, pour que les changements de temps ne puissent ni arrêter le travail des imprimeurs, ni nuire à sa qualité.

Il importe également que le rouleau, lorsqu’on cesse de s’en servir, soit placé dans telle position qui le rende apte à reprendre son service, c’està-dire dans une atmosphère douce et moite s’il s’agit de l’attendrir, ou dans un lieu aéré s’il a besoin d’être raffermi.

La fonte des rouleaux doit être confiée à un homme spécial; livrée à une main inexpérimentée, elle pourrait occasionner de grandes difficultés pour l’imprimeur.

L’encre se prend avec le rouleau, qu’on approche du cylindre de l’encrier. On le distribue sur la table , et on le passe plusieurs fois sur la forme. Lorsqu’on cesse de s’en servir, on le lave à la lessive , et on le rince avec soin , afin qu’il soit entièrement dégagé d’encre.

La presse mécanique, en raison de la rapidité de ses tirages et du service beaucoup plus actif qu’elle exige du rouleau, comporte, sous ce rapport, de la part du conducteur, la surveillance la plus assidue. Le rouleau doit être changé dès qu’il durcit et cesse de tirer, d’adhérer à la forme, ou s’il devient trop mou, si la matière commence à se fendre et menace de se détacher par morceaux.

Les rouleaux trop récemment fondus refusent l’encre et donnent une touche inégale. Il faut que la surface acquière une consistance suffisante pour résister à la prise d’encre, à la distribution et à la touche.

Quand toutes ces précautions sont observées, les rouleaux se conservent plus longtemps.

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