PROCÉDÉS DIVERS
Impression noire et ronge. — Celte impression , qui joue un rôle important dans la fabrication des livres liturgiques, tels que Missels, Bréviaires, etc., n’a pas été traitée spécialement dans l’article des impressions en couleurs : en voici les motifs. Les impressions en couleurs, à plusieurs couleurs, ou polychromes, s’appliquent généralement à des vignettes ou à des objets d’ornement ; le texte n’y figure que comme un accessoire. Dans l’impression noire et rouge ^ au contraire, le texte est tout; les accessoires sont nuis ou à peu près. Il s’agit ici de faire tomber avec une grande précision d’intercalation et d’alignement, soit les initiales qui commencent les alinéas, soit les lignes, les mots, ou même les lettres isolées qui font partie des rubriques.
Les plus grandes difficultés existent dans l’agrandissement des trous de pointures, et principalement dans les variations auxquelles est soumis le degré de moiteur du papier, qui, en se séchant, subit presque inévitablement un mouvement de retrait. Une autre difficulté également redoutable, quoique non insoluble, c’est la coïncidence parfaite des deux formes noire et rouge, composées d’éléments différents, et où il est à peu près impossible d’établir un repère parfait sur tous les points.
Un procédé en usage pour les presses manuelles consistait à effectuer les deux tirages sur la même forme. A cet effet, l’on commençait par le tirage
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noir, après avoir enlevé de la forme toute la partie destinée à être tirée en rouge. Pour le tirage rouge, on rétablissait dans la forme toutes les rubriques, composées en caractères plus hauts, et les feuilles étaient masquées avant l’impression, afin de garantir le tirage noir, primitivement exécuté.
On se servait aussi de deux clichés échoppés diversement, suivant qu’ils devaient servir au noir ou au rouge, en supposant que ces deux reproductions de la même page n’eussent pas subi à la fonte des dilïérenccs de retrait, et partant des défauts de repère.
Maintenant les presses mécaniques exécutent ces travaux avec précision, et, de plus, dans les conditions de célérité et d’économie qu’on peut en attendre. On emploie pour ces tirages soit deux machines simples propres à être mises en rapport l’une avec l’autre, soit une machine à doul)le touche, soit une touche divisée pour chaque couleur. Mais ce qui est encore préférable, c’est cette machine de construction récente qui , accomplissant deux révolutions de cylindre sans que la feuille quitte les pointures, passe immédiatement d’une forme à l’autre, et imprime ainsi les deux couleurs avec toute certitude d’un repère invariable.
Cette presse sert également soit à l’impression séparée d’un texte et des gravures qui s’y intercalent, soit pour un fond teinté, soit pour une régi lire de tableaux, soit en toute autre occasion où il peut être nécessaire ou convenable d’imprimer en deux fois. Nous en avons donné plus haut la description (page 371 ).
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Tissiéro(j)‘apliie , ainsi nommée par iM. Tissier, son inventeur. — Ce procédé, auquel nous ne pensons pas que soit dévolue une réussite durable, produit sur pierre, en relief, les traits qui sont en creux dans la taille-douce. Ce résultat rentre donc dans les tirages typographiques. 11 s’obtient par un décalcage, et avec un acide qui mord les parties de la pierre destinées à rester en creux.
Caries géographiques. — Outre celles dont l’invention est due à M. Firmin Didot et dont nous avons déjà parlé, M. Duvergcr, imprimeur, en a composé par un moyen nouveau et qui lui appartient. Il consiste à incruster par le pied, dans une table en plomb de moindre hauteur, de minces fdets en cuivre qui dessinent le cours des fleuves et des rivières, et la configuration des côtes et des chaînes de montagnes. Les noms des villes, etc., sont clichés, appliqués et soudés, suivant leur position, sur la table.
Ces deux procédés, qui se concilieraient avec un tirage mécanique et produiraient par conséquent une notable économie, quoique également ingénieux, ne sont pas devenus pratiques.
LitJiolypographie. — Inventé par M. Paul Dupont, imprimeur, ce procédé consiste à reporter sur pierre une impression typographique, si ancienne qu’elle soit. Ce report obtenu, on imprime par la presse lithographique. L’objet principal de cette combinaison de la typographie et de la lithographie, comme son nom l’indique, est de compléter à un nombre