‹ Traité de la typographieChapitre 66 sur 199 · COLONNE · texte numérisé non relu

COLONNE

Lorsque dans une page la justification est divisée en plusieurs parties, il en résulte autant de séries de lignes, placées l’une à côté de l’autre à un certain intervalle, auxquelles on donne le nom de eolonnes.

Dans les tableaux il se trouve des colonnes de toutes justifications, qui ordinairement sont séparées par des filets.

COMPOSITION 20i;

Certains labeurs de format in-octavo ou au-dessus se font à deux ou à trois colonnes, et quelquefois davantage. Elles sont toutes de meme justification, et séparées, soit par un filet, soit par un simple blanc. Des tables de matières, lorsqu’elles ont une certaine étendue , se composent aussi à deux colonnes, alors meme que le texte de l’ouvrage est à longues lignes. On dispose aussi quelquefois de la môme manière des notes qui accompagnent le texte au bas des pages .

Voici quels sont en général les avantages de cette disposition.

D Dans certains ouvrages, tels que dictionnaires, vocabulaires, index, ou autres de ce genre, il arrive fréquemment qu’un article ne fait qu’une ligne ou partie de ligne. Or, comme chacun d’eux forme nécessairement un alinéa , les blancs que laisserait la composition à longues lignes auraient le double inconvénient de faire perdre un espace précieux lorsque la matière abonde, et de présenter des pages découpées et rongées sur les bords, et irrégulières entre elles.

2*^ Un caractère fin, comme le sont relativement ceux qu’on emploie dans les ouvrages à colonnes, est plus facile à manier pour le compositeur, et pour le lecteur moins fatigant à suivre, lorsque la justification a moins de portée.

3*" Cette disposition, en outre, autorise, par la raison que nous venons de donner, l’emploi d’un caractère plus faible que celui dont on se servirait avec la justification entière. Elle a pour résultat une économie qu’on peut réaliser sans inconvénient

pour les parties du volume non susceptibles d’une lecture suivie.

Souvent on met à deux colonnes deux textes qu’on veut rapprocher, ou bien un texte et sa traduction. Dans ce dernier cas, le texte doit toujours occuper la première colonne, celle de gauche, et il est préférable qu’elles soient toutes les deux de même justification; seulement, si l’ime des deux parties est moins abondante que l’autre, on emploiera pour sa composition un caractère plus gros, ou bien le même caractère plus interligné. Si la matière est à peu près équivalente de part et d’autre , on peut les différencier de l’italique au romain.

Lorsque l’un des deux textes est habituellement plus court ({ue l’autre , et qu’ils doivent être composés du même caractère avec la même force d’interligne, il est d’usage, pour compenser cette inégalité d’étendue, de prendre deux justifications différentes, en ayant soin de faire alterner les colonnes du recto au verso, de manière qu’au tirage le registre se fasse sur la même justification.

Un soin important à observer, c’est que les alinéas commencent en regard l’un de l’autre.

On doit éviter de placer une colonne boiteuse , c’est-à-dire courte d’une ligne, en regard d’une colonne pleine. 11 vaut mieux faire quelques remaniements pour remédier à ce défaut, lorsqu’on n’a pu le prévenir et qu’il est possible d’y parer.

Dans les dictionnaires imprimés à plusieurs colonnes, chacune d’elles porte son titre courant.

GOMrOSlTION

Page 1