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Objections de Carnot et de Visi^dé-Delisle

76. Les mesures et les moyens indiqués ^jar Vhygiène ne suffisent pas, à eicx seuls, jiiour préserver de la petite vérole. — 77. La croyance au danger de vacciner et de revacciner en temps d'épidémie n'est pas justifiée. — 18. La vaccine n'est pas toujours une opération inoffensive. — 79. La vaccination ne peut pas changer la constitution des enfants. — 80. Le vaccin n'est pas une substance en voie de fermentation ou de putréfaction. — 81. La vaccination est par elle-même sans danger, quand elle est pratiquée avec l'entente, les précautions et le soin voulus.

74. L'objection la plus radicale est celle-ci : La vaccine n'est pias un préservatif contre la variole; ceux qui la pratiquent sont diqjes d'une illusion.

C'est une allégation simple. On sait en effet — et l'épidémie de 1871 l'a surabondamment démontré

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— que la variole n'a rien perdu de sa puissance, qu'elle frappe et moissonne l'individu, comme à son plus beau temps. Et cependant, elle tue infiniment moins de monde, dans ses plus terribles épidémies, qu'elle n'en tuait avant la découverte de la vaccine, quand elle apparaissait sous la môme forme. Est-ce, ainsi qu'on l'a dit, parce qu'elle s'adresse aujourd'hui à des sujets ayant profité de tous les avantages que leur ont procuré les progrès incessants de Vart de vivre? Point. Ceux qui sont atteints ou frappés sont aussi bien des hommes de choix que des individus déshérités de tous les biens de la terre; ceux-ci sont en réalité plus sujets à absorber des germes délétères que les autres mieux nourris, mais,- pas plus que les premiers, ils ne peuvent être pris de variole sans l'intervention du germe spécial qui la produit.

Qu'est-ce donc, si ce n'est la résistance individuelle opposée au fléau par la vaccine, qui a créé cette difféirence de chiffre des pertes par variole ? Si cette résistance n'avait pas existé, l'épidémie de 1871 fût devenue une peste aussi destructive que l'était la variole au siècle dernier, ou aux Indes, en 1837.

La statistique montre ce qu'était la mjrtalité du chef de la variole, avant la découverte de la vaccine, et ce qu'elle fut après. Nous lui emprunterons quelques-unes de ses données officielles :

r En Westphalie, le chiff're de la mortalité varioUque, qui s'était élevé annuellement, par

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million d'habitants, à î6J3 pcndjint les 31 années qui avaient précédé l'invention de la vaccine, ou qui s'étaient écoulées avant qu'on eût pu en ressentir les bienfaits, à savoir de 1777 à 1806, est tombé à la moyenne de 1I4 pour chacune des années qui suivirent, c'est-à-dire de 1807 à 1850. A partir de l'avènement de la nouvelle pratique, la mortalité est descendue, à Copenhague, au onzième, en Suède, au treizième, en Autriche, au vingtième de ce qu'elle était auparavant. A Londres, où elle faisait par an de trois à ciuq mille victimes par million d'habitants, la mortalité variolique annuelle tombe à moins de 304 pendant les années 1841 à 1853, à 149 en 1854, à 132 en 1855, pour toute l'Angleterre et le pays de Galles!

Tous ces résultats se relèvent à une époque où la vaccination, encore imparfaitement réglementée, était pratiquée un peu par le premier venu, et avant le moment où l'utilité de la revaccination fut établie. Avançons d'un degré et nous allons voir surgir des révélations nouvelles.

2° Sous l'empire de la vaccination facultative, en Irlande — de 1842 à 1860 inclus, — la mortalité variolique était déjà descendue à I972 décès en moyenne par an; mais un nouveau progrès est réalisé immédiatement après l'institution de la vaccination obligatoire; de 1864 à 1873, la mortalité est tombée à une moyenne annuelle de 5§3.

En suivant pas à pas la marche de la variole, en Suède, de 1774 à 1801 (période pré vaccinale), puis

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