L.\ VACCINE PRfiSKIU'K REELLEMENT DE LA VARIOLE. 32S
de 1802 à 1816 (période à vaccination facultative\ enfin de 1817 à 1877 {période à vaccination obligatoire), on arrive au résultat ci-après :
Période prevaccinale (de 1774 à 1801), décès annuels, moj-enne par million d'habitants, ...... I»73
Vaccination facultative (de 1892 à 1816), décès annuels, moyenne par million d'habitants 47»
Vaccination obligatoire (de 1817 à 1877), décès annuels, moyenne par million d'habitants ■«»
Ainsi, voici un pays où la vaccine était facultative, ET où LA MORTALITÉ TOMBE DE 4? 9 A 1S9 DU MOMENT OÙ ELLE DEVIENT OBLIGATOIRE.
o" La variole a cessé d'être une maladie de l'enfance partout OÙ la vaccination obligatoire a été appliquée d'une manièce satisfaisante. Elle n'exerce d'influence sur la mortalité que pour les enfants au-dessous d'un an, non encore vaccinés, et pour les personnes qui ont perdu avec l'âge leur immunité première.
Nous prendrons pour point de départ les chiffres de mortalité variolique chez les enfants de moins de cinq ans, dans les pays où il est imposé aux parents de faire vacciner leurs enfants avant leur entrée dans la sixième année.
Evidemment, dans les pays où peu d'enfants échappent à la vaccination dans le premier âge, ainsi qu'il en est de ceux où la vaccine est obligatoire, pendant les années où elle est sûrement préservatrice, la préservation doit se remarquer dans des proportions considérables. La démonstra-
tion de ce fait a été établie d'une façon irréfragable.
Dans les pays où, comme en Ecosse, par exemple, les enfants doivent être vaccinés dans les trois mois de la naissance, la différence avec les autres pays est bien plus sensible encore: ainsi, alors qu'en 1871-72, dans les huit villes principales de l'Ecosse où cela a lieu, la mortalité variolique par million d'habitants a été, parmi les enfants en-dessous de 5 ans, de 514, elle s'est élevée, en 1870- 1871, dans les huit principales villes de la Hollande, où la vaccine n'est pas obligatoire, à 6,iîî décès, parmi les enfants de la même catégorie et sur le môme million d'habitants.
4° Les chiffres les plus considérables que nous possédions sont ceux qui servent de base à la statistique de la mortahté variolique de Genève, de 1580-1760. Voici, suivant l'âge, les résultats qu'ils donnent ;
Décès
Sur 1000 décès on
de la variole.
en compte.
De 0 — 5 ans
Au-dessus de 30 «
Total :
Ainsi, 2 p. c. seulement de tous les décès se rapportent à des personnes ayant dépassé leur 15* an-
LA VACCINE l'UÈSKRYE lŒELLEMlLNT OE LA VAHIOLE. 327
née. La variole étant au moins aussi dangereuse pour les adultes, la minime proportion de décès qu'ils présentent ne peut avoir d'autre cause que l'immunité presque absolue des personnes variolées dans leur jeunesse.
De ce qui précède, il découle, ce qui devait être, que, dans les pays où la vaccine n'est pas obligatoire avant l'âge de 2 à 10 ans, la variole reste une maladie de l'enfance, et qu'elle cesse de l'être dans ceux où les enfants doivent être vaccinés avant l'âge de 3 à 6'mois. On y apprend encore ce que la mortalité variolique est devenue chez l'enfant depuis l'introduction de la vaccine.
Disons, pour terminer, que le taux annuel moyen de la mortalité variolique s'élevait, en Angleterre, pendant le siècle précédent, à 3,000 décès pour une population d'un million d'habitants. Or, la dernière épidémie (1871-1872), la plus intense du siècle actuel, n'a fourni qu'une mortalité de l,§ï4 en 1871, et de 833 en 1872, sur un million d'habitants. Et ces années ont été exceptionnellement terribles.
Antérieurement à la découverte de la vaccine, Londres payait à la variole un tribut de 4 à 500 décès par an, sur une moyenne de 100,000 âmes. En 1871, le chiffre des décès a été de 243, et en 1<S72 de 54 décès par le même chiffre de population. Et l'épidémie a été d'une rare intensité (1).
(1) Nous croyons inutile de multiplier ces exemples, renvoyant, pour (le plus amples détails aux ouvrapes publiés récemment, en
CHAPlTItE IX.
5°. Une dernière donnée nous intére se plus que les autres: elle regarde notre pays.
La mortalité, en Belgique, du chef de la variole, a été calculée d'après les chiffres de la population, officiellement établis par le gouvernement dans ses annuaires statistiques. Elle a été, pendant les quinze années qui se sont écoulées de 1864 à 1878, savoir:
Décès varioliques pour uu million d'habitants, en 1864. 500
en 1865. 1,165
en 1866. 212
en 1867. 111
en 1868. 169
eu 1869. 328
» « en 1870. 817
en 1871, 4.170
en 1872. 1,682
en 1873. 333
en 1874. 369
en 1875. 313
en 1876. 271
en 1877. 674
en 1878. 683
Moyenne par année, chiffres roi.ds (12000,15) = 800.
Angleterre, par M. E. Haut, (The Truth ahont Vaccination, etc. London.Smitli, Elder et C«, 1880.) suivant des docun;entscffîculs; en Suisse, par M, le d^ Loïz [Rapport sur la question de la vaccination, présenté au Conseil fédéral ;uisse. Genève, Benno- Sclnvabe, 1880.) et à un excellent travail, récemment publié par M, A,-J. MartiNj de Paris La vaccination obligatoire. Revue scientifique de la Fiance et de l'étranger, j;invier 188r, ouvrag'( s auxquels nous avvns emprunté la plupart des renseignements ci-de.-sus.