‹ Traité de la vaccine et de la vaccination humaine et animale [electronic resource]Chapitre 15 sur 23 · LA VACCINE PRÉSERVE IIÈELLEMENT DE LA VARIOLE · texte numérisé non relu

LA VACCINE PRÉSERVE IIÈELLEMENT DE LA VARIOLE

Or, la Bclg'ique perdant, en moyenne, 800 sujets par an, du chef de la variole, pour 1 million d'habitants, et sa population étant actuellement de cinq millions et demi, la mortalité totale annuelle de ce chef pour tout le pays doit être actuellement de 4,400.

Nous venons de voir qu'en Suède le chiffre de la mortalité, qui était de 419 par million d'habitants sous l'empire de la vaccination facultative, était tombé à 189 sous celle de la vaccination obligatoire. En admettant, ce qui ne doit pas pouvoir se discuter, qu'une même décroissance proportionnelle de la mortalité variolique eût été la conséquence, en Belgique, de la même obligation, on arriverait à ce résultat : qu'au lieu de 6G,ooo décès en 15 ans, le pays n'en eût essuyé que 26,000. Économie pour 15 années, 40,000 ; soit par année 2C6C.

On peut conclure de ce qui précède que, du jour où la Belgique sera en possession de la vaccination obligatoire, elle perdra en moins, chaque année, 2666 CITOYENS du chef de la variole.

On a allégué que tous ces chiffres étaient sans signification; que la retraite brusque de la variole, au commencement de ce siècle, était simplement le résultat d'une coïncidence, et l'on nous a montré la variole disparaissant depuis le vi^jusqu'auix^ siècle, sans qu'il y eût aucun préservatif quelconque propre à justifier cette éclipse. Mais l'on oublie que, depuis le commencement du siècle présent, la variole n'a jamais disparu, qu'il y en a toujours eu

des épidémies dans quelque point de l'Europe, pour ne parler que d'elle, et que ^Mriout elle a toujours manifesté la même énergie à l'égard des sujets non vaccinés. Or, la vaccine n'a jamais eu la prétention d'avoir affaibli la puissance du germe variolique ; ce germe est ce qu'il a toujours été, seulement il est sans action sur les individus qui ont déjà subi une occupation, variolique ou .vaccinale, plus ou moins récente. La vaccine ne détruit pas la variole, elle l'empêche de pousser des racines là où l'on n'entend pas les conduire.

On a contesté l'exactitude, d'aucuns ont dit la sincérité, des statistiques fantaisistes dressées par les vaccinateurs. C'est une échappatoire et rien de plus. Qui donc persuadera-t-on que tous, statisticiens. États, investigateurs officiels et autres, se soient entendu pour tronquer,falsifler les documents sur lesquels ils se sont appuyés ? Personne, n'est-ce pas ? Est-ce donc de les mal interpréter qu'on doit les accuser? Mais n'avons-nous pas vu que, de quelque façon qu'on envisage, qu'on retourne les résultats acquis, ils tiennent toujours le même langage.

M. Bertillon l'a dit, il y a vingt-cinq ans(l): » De quelque manière qu'on interprète les documents anciens etnouveaux de la statistique, à la condition de n'abdiquer ni les lois de la logique, ni celles de la science, on arrive à des conclusions écrasantes pour

(1) Conclusions statistiques contre les détracteurs de la vaccine. {Union médicale de Paris, 1855 n» 102 et 108.). — La vaccine et ses accusateurs. Réponse à une lettre de M. Carnot. {Id. no 146 )

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