LA VACCINE EST TRÈS-PEU OFFENSIVE
De même qu'en semant, on terre vierge, une graine bien pure de tout mélange, on ne récoltera que le produit naturel de cette graine, de même, si le terraind'enscmenccment recèled'autresprincipes, naîtra-il, en même temps que la plante recherchée, des plantes d'autres espèces ou de la mauvaise herbe. Il en sera ainsi de la vaccination : si le germe vaccinal est isolé de tout principe d'adultération et qu'il soit confié à des organismes parfaitement sains, il ne pourra produire, ipso facto, sur place, Jqu'une pustule vaccinale. Mais ceux-ci peuvent être adultérés eux-mêmes, ou doués d'une sensibilité de réaction exceptionnelle ; dans le premier cas, des manifestations extérieures étrangères à la vaccine pourront accompagner celle-ci ou la suivre, par le fait du coup de fouet donné à des organismes doués de prédispositions spéciales, ou pénétrés de principes n'attendant que ce coup de fouet pour évoluer.
L'insertion du vaccin le plus pur peut donc être suivie, même chez les sujets parfaitement sains, d'incidents symptomatiques divers, et parmi ceux-ci figurent spécialement des éruptions éphémères, sans caractère déterminé, ou une exagération relative des phénomènes locaux : état phlegmoneux des pustules, érysipèles localisés, et, à titre sympathique, réaction fébrile plus ou moins prononcée. Ces légères complications, qu'on ne peut éviter de façon absolue, se jugent en général spontanément et rapidement ; veut-on en hâter la résolution, il
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suffît de quelques lotions tiôdes, de petits cataplasmes de farine de riz loco dolenti, de boissons émollientes et d'un peu de diète. Parfois, si les croûtes des petites tumeurs ont été arrachées, ou si celles-ci ont été irritées par des grattements, l'ulcère, non cicatrisé, qui est au-dessous d'elles, s'irrite, s'agrandit, peut même devenir phagédénique et prendre de grandes proportions. Ceci ne s'observe guère que chez les sujets suspects, qui devront alors être l'objet d'inquisitions et de soins spéciaux : les émollients, les lotions avec de l'eau de saturne, les attouchements au crayon de nitrate d'argent figureront toujours parmi les meilleurs moyens à y appliquer.
L'érysipèle est la suite assez fréquente de pustules trop rapprochées, dont les aréoles finissent par se confondre. Il faut,pour en arrêter l'extension, en éteindre la cause, à savoir l'exubérance des pustules, ce qu'on fait en y appliquant, de bonne heure, la pointe d'un crayon de nitrate argentique. Plus tard, il y a à se conduire suivant les circonstances et les indications individuelles.
D'autres exanthèmes, ceux-ci sans importance et fugaces de leur nature, peuvent être le résultat d'une sorte de poussée physiologique déterminée par la vaccination : ce sont — • en dehors de la vaccine généralisée — des éruptions diverses, mais qui appartiennent toutes à la catégorie des roséoles : taches rouges d'abord, devenant ensuite rosées, sans proéminence, discrètes, irrégulières
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clans leur forme, plus larges en général que celles de la rougeole, ressemblant plutôt à des morsures (le puce, apparaissant ordinairement l'été, au plus fort do l'intlammation de la pustule vaccinale, c'està-dire le neuvième ou le dixième jour, débutant par le cou ou le visage, pour s'étendre quelquefois aux extrémités inférieures, au tronc, etc. Rarement général, cet exanthème disparaît au bout de trois à quatre jours, sans laisser de trace et sans avoir exercé aucune influence sur la marche de la vaccine.
55 Je ne parlerai pas, dit Bousquet (1), de quelques autres petites efflorescences sans caractère et sans danger. La physiologie les signale, mais la thérapeutique ne s'en occupe pas. Il faut les attribuer aux liens sympathiques qui unissent tous les organes du corps humain et plus particulièrement toutes les parties du même appareil : loi sublime qui séparera à jamais la matière vivante de la matière morte » .
Là se bornent les accidents, pour ainsi dire physiologiques, de la vaccine. Il importait de les bien déterminer, pour écarter de leur bilan d'autres manifestations qui peuvent l'accompagner, mais dont elle ne saurait être tenue pour responsable, et parmi elles les éruptions eczémateuses, les dartres, les éruptions de nature syphilitique, etc. Ici, c'est le terrdin qui est la cause et l'agent des phénomènes ; la semence n'y est pour rien.
(1) Loc. cit. p. 194.
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Ceci est d'une importance extrême et va nous permettre de renvoyer dos-à-dos les vaccins humain et animal s'accusant mutuellement. Voici un enfant de quelques mois qu'on vient de vacciner avec du vaccin animal ; tout a bien marché, mais voilà qu'au onzième jour, survient une éruption détaches lenticulaires cuivrées du plus mauvais aspect. Emoi de la famille et du vaccinateur. Consultation. Enquête sur le vaccin employé, sur la lancette qui a fait les piqûres. Est-ce le vaccin qui est coupable ou n'est-ce pas plutôt un instrument malpropre? Ces deux éventualités sont seules ouvertes. Eh ! bien, c'est ailleurs qu'il fallait chercher. Qu'on me montre donc un vaccin, animal ou humain, capable de donner lieu, au onzième jour, chez un sujet sain, à une éruption de taches cuivrées; ou une lancette ainsi contaminée qu'elle puisse donner lieu à une éruption syphilitique d'emblée, au onzième jour, sans avoir laissé à la porte sa carte de visite. On s'est avisé de tout, sauf du principal, l'enquête sur le sujet vacciné et sur ses ascendants.
Et si l'on ajoute que ce même vaccin incriminé, provenant de la même préparation de vaccin emprunté au même sujet, n'a donné lieu, chez cent autres personnes qu'à des vaccinations immaculées, manquera-t-il quelque chose à la démonstration ?
Nous croyons inutile d'ajouter que ce qui précède ne doit s'appliquer qu'à du vaccin vivant et dépourvu de sang, ou à du vaccin conservé dans des conditions telles qu'elles permettent d'écarter