I. l,i:S EUUEUUS
lao
toute obscure cl toute noire f|u"clle est, relève la beauté de la grâce et de la sainteté. Dieu se conduit, dit saint Augnslin. comme un peintre, qui mêle avec art les ombres et les couleurs pour rendre la peinture plus agréable '. C'est ainsi que Dieu fait servir à sa gloire ce qui semblerait l'obscurcir.
Dieu permet donc qu'il y ait toujours de la paille et de l'ivraie mêlée avec le bon grain, il est de sa providence universelle de vouloir le bien et de souiVrir le mal ; mais cela ne nous regarde point. Notre devoir et notre obligation est de procurer notre salut éternel par lous les moyens que Dieu nous fournit. Il nous laisse l'usage de la raison et de la liberté : c'est à nous d'éviter les dangers de l'olTenser, d'avoir une horreur infinie du péché, et une ardeur infinie pour la possession de Dieu.
Laissons donc à Dieu ce qui est du ressort de sa providence : adorons la profondeur de ses jugements sans les éplucher, nous courrions risque d'y perdre la raison et la foi. Soyons assurés qu'il est la sagesse même, la vérité, la sainteté, notre Créateur, notre Sauveur, et notre Père. Pensons
1. Scil ubi ponat nigrum colorcni, ut sit décora pictura. D. Aug. scrm. ex de diversis, cap. v.
IDO DE LA VEUlTAfiLE OlUlSoN
seulement à opérer notre salut avec tremblement, mais aussi avec une ferme confiance qu'il nous veut sauver, si nous le voulons, en coopérant à sa grâce ; et remplissons avec une grande fidélité les obligations de notre état. Quelqu'un demande à Jésus-Christ dans saint Luc : « Seigneur, y en a-t-il peu qui se sauvent P » et il répond : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite '. )> Il semble qu'il ne répond pas à la question qu'on lui fait, dit saint Cyrille. On lui demande, si le nombre de ceux qui se sauvent est petit, et il ne répond qu'en montrant le chemin qu'il faut tenir pour se sauver. C'était néanmoins, dit ce Père, la juste réponse qu'il fallait faire à ces curieux, et c'était sa coutume d'en user ainsi ; lorsqu'on lui demandait des choses inutiles, il répondait aux hommes ce qui les touchait, et leur était utile. Quel profit auraient-ils tiré de savoir s'il y a en a beaucoup, ou s'il y en a [)eu qui se sauvent .^ Mais il leur élait important de savoir de quelle manière ils se pouvaient sauver. C'est donc par un effet de sa sagesse que Jésus-Christ ne répond rien à une question qui ne touchait les hommes en rien. Il répond seulement ce qui li.iir élait utile de savoii'.
1 Domine, si jiauci suiil, ([ui sal\anlur. Luc. xiii, 23. D. Gjrillus in Catena aurea D. Tliouias.
« Ne cherche/ pas les choses qui surpassent voire porlée, » dit le Sage, autrement Dieu confondra votre curiosité, souvenez-vous qu'il est au ciel, et que vous êtes sur la terre ; « appliquez-vous seulement à méditer incessamment les choses qu'il vous commande ^ » Il nous commande de l'aimer de tout notre cœur, de tout notre esprit, de toute notre àme, et de toutes nos forces. Il nous ordonne de lui demander tous les jours que son règne vienne : c'est-à-dire, selon saint Thomas, que nous soyons rendus participants de sa gloire, etc. Pensez sans cesse à ces choses, et ne vous mettez plus en peine quel doit être votre sort. ^ ous êtes chrétiens. Dieu est votre Père : rendez-lui ce que vous lui devez, et ce qu'il demande de vous. Mais parce que cette pensée importune nous peut venir quelquefois dans l'esprit : Que serait-il de nous, si Dieu ■Noulait user de sa justice à notre égard? Je veux montrer de quelle manière l'on doit agir, et se fortifier en ces occasions.
I. Altiora te ne qua?siciis ; secl qu.T prfecepit tilji Deus, ilia cogila scmper. Eccl. m, 22.