‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 104 sur 164 · I.KS KIIHKUUS lôii · texte numérisé non relu

I.KS KIIHKUUS lôii

ructiuns si saintes, ot il seinble Nciiir si à propos union sujet, que Je n'hésite point à le reproduire ici tout entier. On y verra un homme parlai! . On y admirera l'exemple d'une entière résip-nalion à la volonté de Dieu ; et l'on apprendra aussi la véritable et solide manière avec laquelle l'on doit exercer cette résignation. (' Il est donc rapporté dans les Œuvres de Tailler, qu'un Théologien (et c'était Taulerlui-niéinc, cet homme si éclairé dans les maximes de la vie spirituelle) aAail demandé à Dieu pendant huit ans par des prières continuelles, de lui faire connaître quelqu'un de qui il put apprendre les voies de la sainteté. Un jour qu'il redoublait ses prières, et qu'il présentait à Dieu un désir très enflanmié d'obtenir ce qu'il demandait, il ouït une voix qui lui disait de sortir, et d'aller à la porte de l'église, qu'il y trouverait un homme qui satisferait à son désir. Tauler obéit, il va à la porte de l'église, et là il trouve un mendiant, qui a\ait les pieds tout sales de boue, et ses habits tout déchirés. Tauler s'approche de lui et lui dit en le saluant : Dieu vous donne le bon jour. Je ne me souviens pas, répondit le mendiant, d'en avoir jamais eu de marnais. Povuquoi me répondez-\ous ainsi ? répondit Tauler ; Dieu donc vous rende fortuné. Le mendiant : Je ne suis ja-

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mais inrortuiié. Tauler : Soyez donc heureux. Le mendiant : Que veulent dire ces paroles? moi je n'ai jamais élé malheureux. Oh! je vous prie, réplique Tauler, expliquez-vous clairement : je ne comprends pas ce que vous dites. Volontiers, répond le mendiant, je m'expliquerai plus clairement :

\'ous me souhaitez un hon jour. Je vous ai répondu que je n'en avais jamais eu de mauvais. Lorsque je suis pressé de la faim, je loue Dieu. Si je souffre le froid, s'il pleut, s'il neig-e, s'il grêle, si l'air est serein ou plein de hrouillards, je loue Dieu. Si je suis misérable, si l'on me méprise, je loue toujours Dieu. Et ainsi je n'ai jamais eu de mauvais jour.

\ous m'avez souhaité que je fusse fortuné. Et je vous ai répondu que je n'avais jamais été infortuné ; car j'ai appris de vivre avec Dieu, et je sais que ce qui est fait par lui est toujours bien fait, et le meilleur de ce qui à mon égard peut être jamais fait. Et ainsi je reçois avec soumission et avec joie tout ce qu'il lui plaît de me donner, et tout ce qu'il permet qui m'arrive, qu'il soit agréable ou fâcheux, qu'il soil doux, ou amer : étant bien persuadé que c'est toujours le meilleur pour moi. Ainsi je n'ai jamais été infortuné.

Vous avez enfin souhaité que Dieu me rende

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