I. D. Th. Opusc. 7, cap. vi
S'il l'avait mise dans l'exercice des autres vertus, tout le monde n'y pourrait prétendre. Mais qui ne peut aimer Dieu? En quel âge, en quelle condition est-on dans l'impuissance de l'aimer ? Cependant la consolation d'une âme doit être encore plus grande, si elle considère que par l'amour elle peut suppléer à tout le reste.
C'est le véritable avantage de l'amour, que lui seul peut suffire; et que sans lui rien ne suffit. Quand on distribuerait tout son bien aux pauvres, quand on abandonnerait son corps aux flammes, et quand on pourrait avoir toutes les vertus chrétiennes et morales unies ensemble, sans l'amour, ce serait un corps sans âme. Ces vertus n'auraient toutes ensemble ni prix, ni beauté, elles ne mériteraient pas que Dieu les regardât. Aussi le Fils de Dieu dit-il aux vierges folles : « Je ne vous connais point. » Elles avaient bien la virginité et l'huile des bonnes œuvres, mais n'ayant point la charité, elles étaient privées de cette céleste beauté, qui eût pu les faire connaître et les rendre agréables aux yeux de Dieu '.