‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 122 sur 164 · II. — i.i'.s Mv\i\ii:s r.F.UTAiNFS j (S'y · texte numérisé non relu

II. — i.i'.s Mv\i\ii:s r.F.UTAiNFS j (S'y

{'Icvi's à ce haut degré, s'il eût élr nécessaire quo leur connaissance eût égalé leur amour ;*

C'est donc ce privilège singulier dont Dieu a la\orisé la volonté qui réparc trcs anq)lciu(>nt le défaut commun de la nature. L'amour s'élève audessus de la science : il entre avec confiance, et la science demeure dehors. Son ardeur le mène bien loin, et l'esprit avec toutes ses lumières ne peut le suivre. C'est dans ces grandes Ames que l'amour a sa revanche de l'injure que lui fait subir l'enlendemcnt. L'esprit des grands spécvdatifs vole jusqu'au ciel, et leur amour demeure derrière, et parmi ces belles lumières de l'entendement, la volonté n'est que froideiu" pour les choses de Dieu. Il est juste que l'amour ait son retour dans ces âmes simples, qui ont très peu de ces connaissances sid)tiles, et qui même ne les recherchent point : leur amour vole jusqu'au cœur de Dieu, et laisse leur esprit derrière.

Mais si les âmes simples n'ont pas des connaissances extraordinaires, elles en ont en échange une plus douce et plus parfaite, qu'on ne peut jamais espérer d'acquérir par les seules opérations de l'entendement. C'est l'amour seul qui porte cette lumière : elle vient de l'expérience que l'on sent des goûts intérieurs de Dieu, selon

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ce beau mol du Psalmiste : « Goûtez, et voyez J. » Il faut goûter les suavités de Dieu pour les connaître ; il en est comme des fruits, on ne connaît leur douceur qu'en les goûtant. C'est celte divine expérience qui a fait appeler l'amour par saint Grégoire, a une espèce de connaissance plus parfaite que les lumières ordinaires, qui fait connaître aux âmes quel est l'excès de la bonté de Dieu, et quelle est la grandeur des dons qu'il leur communique. Ceux qui ne sont pas embrasés de son égal amour, ne peuvent jamais avoir la même connaissance -. »

Cette connaissance, ajoute saint Thomas, est au-dessus de l'esprit humain. Elle appartient au don de sagesse, dont le propre est de communiquer une connaissance très éminente, qu'on ne peut acquérir que par une union intime avec Dieu. Et c'est l'amour qui nous unit à Dieu, et nous fait être un même esprit avec lui. C'est pourquoi le Sauveur du monde pro leste à ses disciples, qu'il leur a révélé ses secrets, parce qu'ils étaient ses amis ^

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