‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 123 sur 164 · II. — LIS \iv\iMi.s (:eut\i.>es · texte numérisé non relu

II. — LIS \iv\iMi.s (:eut\i.>es

(' Ces connaissances sont si parfaites, poiusuit encore notre Saint qui en avait rc\[H'rionce, qu'elles paraissent l'Ire une claire explication des articles de la religion ; et il semble que les ànies (|ui ont cxprrinicntt' les délices célestes ont quelque chose de plus grand et de plus clair que la foi, quoiqu'elles se conduisent toujours par la foi. Elles ne croient pas seidemcnt, elles goûtent, et en goûtant elles connaissent la grandeur des choses quelles croient. Car l'elTet sensible de cette expérience est une certitude de l'entendement ; et cette certitude remplit l'Ame d'une merveilleuse consolation. Les choses corporelles sont comme les fruits, il les faut voir pour les goûter ; mais les choses spirituelles, il les faut goûter pour les voir : il est impossible de connaître quelle est la bonté de Dieu, et les délices qu'il fait goûter à une ame. si on ne les gonte en effet. »

Tout ce que peut rentendeiiient au milieu de ces faveurs, est de connaître que la volonté goûte une douceur et des délices que Dieu ne lui a pas découvertes, et il ne les connaît que parce que la volonté les goûte. Cette expérience augmente l'amour de la volonté, parce que l'expérience que l'on a des bontés de Dieu est une continuelle source d'amour. En vovant une

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viande on peut désirer d'en manger ; mais si en la mangeant on trouve que la douceur en est plus grande qu'on n'avait cru, le plaisir augmente encore plus le désir d'en manger '. Il est vrai, dit saint Augustin, qu'on ne peut aimer ce qu'on ne connaît pas ; mais lorsqu'on aime ce qu'on connaît imparfaitement, l'amour le fait connaître plus parfaitement ". L'amour est un feu, qui porte sa lumière, et ensuite cette lumière augmente le feu.

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