‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 128 sur 164 · i,i:s MVMMi.s <;i:iiiaim:s i ()j · texte numérisé non relu

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loiil ce qu'il \ a de j)lns foii, ne condamnciail-il pas ma léniciilé ;* el, couvoit tic confusion, ne courrais-jc pas risque dèlre ohlig^é d'admirer que Oieu, parles secrets iiupruélraMes de sesju- ^euieiils, a quelquefois pn'-frré de grands pécheurs à plusieurs dont la vie avait été ])lus réglée, et des pécheurs grossiers à de lamcux orateurs, dont les disposilions natiu'cllcs ne peuvent rien opérer pour mériter les grâces de Dieu. Néanmoins. Dieu a concerté un enchaînement de toutes choses pour rendre sa conduite plus douce. Quand il veut élever une âme à un certain degré de grâce, de sainteté et de gloire, il lui donne un tempérament proportionné à son dessein. Il donna à saint Paul un tempérament tout de feu, parce qu'il le destinait à faire un apôtre rempli de zèle et d'activité : et il donna à Madeleine des inclinations plus douces et plus tendres, voulant en faire une âme contemplative pleine d'amour.

Sur ce môme fondement nous pouvons établir la dillerence qu'il y a entre ceux qui sont disposés à l'exercice Se l'oraison, et ceux qui sont plus propres à la vie active. Les personnes d'un tempérament ardent se portent volontiers à l'action et au travail, leur ardeur naturelle les rend incapables du repos ; ils sont naturellement si

actifs, que leur repos même leur devient un travail, parce qu'ils souffrent dans leur cœur un tumulte et une dissipation, qui les trouvant sans occupation, les rend susceptibles d'une infinité de pensées qui les fatiguent. Mais d'autres ont naturellement un esprit serein, doux et tranquille, et sont tellement disposés à la vie contemplative, que si on les applique tout à fait à l'action, ils peuvent en recevoir beaucoup de préjudice. Néanmoins, il est important d'observer, que souvent l'amour excite au travail ceux qui cherchent le repos, et que la crainte adoucit dans la contemplation l'impétuosité de ceux qui sont trop portés à l'action. C'est pourquoi les plus disposés à la \'ie active peuvent par leurs exercices se disposer à la méditation, et les plus portés à l'oraison peuvent se porter aux actions delà vie active, et ils en sont plus ardents à retourner à la contemplation 1 .

Il n'y a donc point d'homme raisonnable qui ne soit capable d'oraison ; à plus forte raison les chrétiens. Ceux qui sont trop actifs peuvent modérer leur activité, et s'accoutumer à l'exercice de la méditation, de même que Ion modère les passions par les actes des vertus. Combien en

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