I. In 2 Sent. dist. 23, q. 2, art. i
4 DE LA VJiRITAIiLE 01lAlSO>
les donne point à d'autres qui ont acquis une sainteté très élevée.
Ce n'est pas de cette oraison que nous avons dessein de traiter. Comme elle dépend uniquement de Dieu, il n'y a point de règle à prescrire, sinon qu'une ame s'en doit estimer très indigne ; et que sans prétendre à une faveur qu'elle ne peut jamais mériter, elle se doit rendre seulement fidèle à Dieu dans la manière commune d'oraison, en faire son exercice ordinaire, laissant à Dieu le soin de l'élever plus haut, quand il lui plaira. Elle doit être persuadée, que c'est même pour elle un trop grand honneur, que Dieu veuille bien soulfrir qu'elle s'approche de lui, qu'elle lui découvre ses besoins, et s'entretienne familièrement avec lui dans son oraison ordinaire. C'est une présomption, dit saint Denys, ou l'ancien auteur du livre des Noms Divins, de prétendre qu'on puisse s'élever par son industrie à un degré d'oraison oii Dieu ne veut pas nous faire monter. Et une âme sera toujours assez heureuse, si elle tire tout le profit qu'elle peut et qu'elle doit de son oraison ordinaire *.