‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 14 sur 164 · DE L ORAISON' ORDINAIRE · texte numérisé non relu

DE L ORAISON' ORDINAIRE

En quoi consiste l'oraison ordinaire. Comment, selon saint Tliomas, on s'élève à la contemplation. La contemplation renferme plusieurs actes.

La seconde manière d'oraison est celle que nous appelons ordinaire, qui se fait, comme dit saint Thomas, liLimano modo « d'une manière proportionnée à la portée de l'esprit humain ».

Cette oraison renferme plusieurs actes, par lesquels l'àme médite sur quelque perfection divine, ou sur quelque mystère de la religion pour se porter à l'amour de Dieu ; ce qui doit être la lin et le fruit de la contemplation. Elle considère avec attention cette perfection divine, ou ce mystère. Elle tâche par son raisonnement d'en connaître toutes les heautés. Après les avoir découvertes, et considérées isolément par plusieurs actes différents, elle les regarde toutes ensemble ; alors en étant comme charmée, elle les admire avec amour, elle les embrasse avec

complaisance : et ce simple regard, fixe et arrêté, est proprement ce qu'on appelle contemplation.

Mais pour expliquer en détail cette oraison, et en faire mieux voir la solidité, il faut rapporter ce qu'en a dit saint Thomas dans sa Somme, où il parle avec la dernière exactitude ^

Traitant donc de la vie contemplative, qui doit être commune et familière à tous ceux qui font profession de piété et s'appliquent à l'oraison et à la méditation, saint Thomas demande : « S'il y a plusieurs actes qui appartiennent à la vie contemplative ? » et il répond : « Nous parlons ici de la vie contemplative, en tant qu'elle regarde l'homme. Or, il y a, comme nous l'apprend saint Denys, cette diflérence entre l'homme et l'ange, que l'ange connaît les objets, et qu'il en découvre les vérités par un simple regard ; tandis que l'homme ne peut arriver à cette connaissance, et à cette simple vue de la vérité, que par plusieurs actes dilîérents. De sorte que si l'on considère la perfection de la vie contenqilative, elle ne consiste qu'en un seul acte, le simple regard ou la contemplation de la vérité. Mais si l'on considère les actes qui précè-

I, D. Th. 2. 2, q. i8o, art. 3.

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