‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 134 sur 164 · II. — i.ts MwiMKS ci-htaim;s · texte numérisé non relu

II. — i.ts MwiMKS ci-htaim;s

règle souveraine, el qu'il (liàliera sa tlésobéissancc d'une [)einc élernelle. s'il ose la violer. Mais uialhcureusenicnt ou ne pense ni à Dieu ni à la loi, ni à la récompense ni à la peine.

On pcul, selon saint Thomas, connaître celle loi élernelle, ou par lliabilude, ou par les acles ; ( 'esl-à-dire, qu'on peut en avoir une connaissance habituelle el universelle, sans y faire au- ( une attention. Et alors il n'est pas diflicilc de comprendre qu'on puisse agir contre ses propres lumières, parce qu'on se les cache à soi-même dans l'occasion '.

Il faut donc appliquer .cette connaissance uni- \erselle aux actions particulières, et se dire alors à soi-même : Que vas-tu faire? Qu'est-ce que Dieu te commande ? qu'est-ce que Dieu te défend ? crois-lu bien à un ciel et à un enfer? Si on ne >ienl point à une réflexion particulière, il ne faut pas s'étonner qu'on fasse tout le contraire de ce qu'on est obligé de faire. Croire qu'un Dieu récompense d'une gloire éternelle un verre d'eau froide donné en son nom, et ne pas tâcher de se faire un trésor de bonnes œuvres ; croire qu'un péché mortel de pensée sera pujii

I. Habilu et actii... et tune non videliir difficile, quod praeter id quod actu non considérât, honio agat. D. Th. 1.2, q. 77, art. 2.

d'une peine éternelle, et bien loin d'éviter un péché, en commettre tous les jours de mortels, faute de méditer et de réfléchir sur nos devoirs et nos obligations : c'est vivre en brute et en insensé, fût-on estimé dans le monde le plus sage de tous les hommes. Mais toujours dissipé au dehors, l'homme ne rentre jamais en lui-même pour considérer avec attention et avec crainte ces grands principes de la religion, dont un seul, s'il l'avait fort bien pénétré, serait capable de régler toutes les actions de sa vie, et de le faire vivre en repos.

CHAIMTIU': vil nr; i.'i tii.iti'; m: i/ok.vison qui se fait v\\\ i,i:

RAISONNEMENT (stu'lc)

La raison doit sonmrllrc les passions. Exemples des anciens. Lo dentellier an pied de la eroix.

TS'ous ne sommes jamais excusables pour dire et pom* croire que nos passions nous entraînent ; et qu'encore que notre entendement soit très éclairé, ces désirs d'une nature corrompue, dont nous ne pouvons pas être les maîtres, obscurcissent toutes nos lumières et nous font perdre toutes nos bonnes résolutions. Ce sont des raisons artificieuses de notre amour-propre et des reproches secrets à la providence de Dieu ; car J3ieu ne nous refuse pas sa grâce, et il nous a rendus les maîtres de nos actions.

Mais d'oii vient cette violence et cette impétuosité de nos passions, que nous avons de la peine à arrêter, parce que nous les laissons régner à plaisir ? sinon du défaut de considération.

Les affections les plus violentes perdraient

leur ardeur, si l'homme se servait de sa raison pour les apaiser. Dieu n'a pas abandonné riionmie dans son malheur, il l'a pourvu d'un remède présent et perpétuel ; et sans parler même des secours extraordinaires de la foi et de la grâce, la seule raison, si on la consultait, serait capable de modérer toutes nos passions. Chacun peut éprouver en soi-même ce qu'observe saint Thomas, qu'en considérant et s'appliquant dans l'occasion, quelques j)rincipes universels du bien et du mal, on peut adoucir la colère et la crainte pour faire le bien, ou exciter l'une et l'autre pour repousser le mal. L'appétit inférieur, qui est le siège de toutes les passions, dit le Philosophe, suit la raison, comme dans le ciel les sphères inférieures suivent le mouvement des sphères supérieures *.

D'où provenaient, chez les anciens Romains, ces actions magnanimes qui pourraient couvrir de confusion une grande partie des chrétiens ? Cet amour de la pairie, cette constance héroïque dans l'adversité, et quelquefois dans un soudain renversement de leur fortune et de toutes leurs espérances P Tous ces grands hommes n'étaient forts que de la force de la raison. Aussi saint

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