D. Th. 1.2, q. 17, art. 5, ad, i
sur ce qu'ils ont devant les yeux, et du bonheur de ceux qui raisonnent. Saint ^larc rapporte que, Notre-Seigncur Jésus-Christ étant attaché à la croix, les Juifs témoins de ce funeste spectacle, bien loin d'en être touchés, secouaient leur tête, et chargeaient d'injures l'innocence même, cet homme auteur de tanl de miracles et leur bienfaiteur continuel, qu'ils venaient de condamner. Le Centenier au contraire s'était arrêté pour voir la fm d'une si effroyable tragédie ; et considérant l'admirable constance de cet homme, qui de sa croix demandait à son Père le pardon de ceux qui l'avaient crucifié, considérant le renversement qui arriva pour lors de la nature, que le ciel s'était obscurci, que la terre tremblait; il frappe sa poitrine, et il s'écrie publiquement : Cet homme était vraiment le fils de Dieu '.
D'où vient cette notable différence qu'à la vue des mêmes objets, les Juifs blasphèment le Sauveur, et le Centenier confesse sa divinité ? C'est que les Juifs faute de raisonner ne l'envisagent que comme un criminel indigne delà vie, et que le Centenier se servant de sa propre raison, et n'écoutant pas les passions des Juifs, voit clairement son innocence, et l'adore comme Fils de
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