‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 139 sur 164 · LES MV.VIMES CEUTAlMiS Ul · texte numérisé non relu

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Dieu. Aussi csl-il bien remarque clans l'I'lvangile, que les Juifs ne faisaient que passer, pnvlcrcnntcs ; ne se donnant pas le loisir de considérer qui était cet lionnne qu'on a\ait crucifie, se faut-il étonner qu'ils ne fussent pas touchés de SCS tourments et de sa mort!' Mais le Gentenier s'arrèla, ex adcerso stabat, pour peser avec attention tout ce qui se passait ; et il se convainquit que, sous ces apparences d'un criminel, était cachée l'innocence même, et que la force de Dieu paraissait à travers la faiblesse de l'homme.

Par cet exemple nous pouvons facilement comprendre quelle différence il y a entre une personne qui, se servant de toute sa raison, pèse, considère et observe les choses sérieusement, et une autre qui les passe à la légère. Tous les chrétiens sont instruits des mêmes principes de la religion. 'Is savent les tourments épouvantables, que la justice divine a préparés pour punir les péchés des hommes, l'immensité de la gloire céleste, qui doit être la récompense des bonnes œuvres. Ils ont tous les jours devant les yeux la croix qui nous rappelle l'amour inlini d'un Dieu mort sur cette croix pour noyer tous nos péchés dans son sang. D'oi*! vient donc que la plupart sont si peu touchés de tous ces objets, qu'on

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pourrait douter, s'ils croient véritablement ce que la foi et la raison leur en ont appris ? Mais d'où vient qu'il y en a d'autres, qui voyant cette adorable image de Jésus-Christ attaché en croix, se sentent percer le cœur au premier regard !> C'est que les uns ne regardent toutes ces grandes choses qu'en passant. Rien ne profite quand il ne fait que passer, et les meilleures viandes seraient inutiles si on ne les digérait. Les autres au contraire méditent à loisir, à l'imitation du Centenier. Ils se convainquent de la grandeur des bienfaits d'un Dieu qui est mort pour l'homme, et l'esprit étant convaincu, ils ne manquent pas d'entrer dans les sentiments qu'ils en doivent éprouver.

Sans difficulté une méditation qui persuade et qui convainc l'esprit est une grande et excellente méditation. Et que faut-il de plus pour un homme de bon sens, que d'être bien persuadé de tous ses devoirs P II fortifierait sa raison, il calmerait ses passions, il serait agréable à Dieu, et à tous les hommes raisonnables, et il ferait son salut.

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