‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 140 sur 164 · CHAPITRE VIII ni: i.v MAMÈUK n'onAisoN on si: i'ait p.vh i.es · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII ni: i.v MAMÈUK n'onAisoN on si: i'ait p.vh i.es

AFKECTIO.NS

Elle est plus l'iKilc. Lu ^('•^i(al)Ie oraison se lait mieux jiar les gémisscmeiils que |)ar les discours.

L'oraison qui so lait par les affections a ses avantages, aussi bien que celle cjui se fait par le raisonnement ; les tempéraments étant si différents, il Y en a qui ont plus de disposition à appliquer leur esprit, et à soutenir un raisonnement, et d'autres qui sont plus portés à exciter les affections de la volonté. Dans un exercice qui est assez dur à la nature, il faut cpie chacun consulte sa disposition intérieure ; ou plutôt il doit observer en lui-même par quelle voie Dieu veut l'attirer à lui. Tout dépend de Dieu : toute notre application doit tendre à le suivre, et à nous loiiir dans le chemin où il nous a mis.

Cette oraison a trois grands avantages : sa facilité : sa nécessité, et son mérite. i° Elle est très facile, tous ne sont pas également capables de

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s'entretenir dans de grands raisonnements, et presque tous peuvent aisément exciter des affections. 2" Elle est nécessaire, parce que la difficulté de pratiquer la vertu ne vient pas du côté de l'entendement (un homme conçoit assez la raison de ses obligations) mais elle vient du côté de la volonté et de l'appétit inférieur, dont il faut ranimer la langueur, et réveiller l'activité. 3" Cette oraison est d'un plus grand mérite^ la volonté seule en est le principe, et en excitant les affections, on excite l'amour, le premier mouvement du cœur, qui règle tous les autres mouvements, et qui est le plus parfait de tous.

Le premier avantage de cette oraison est donc, que les âmes les plus sim])les, qui ne savent que les premiers principes de la religion, peuvent en être très capables. Embrasées d'un très pur amour, elles peuvent passer les heures entières dans les colloques avec Dieu, lui exprimant leur ardeur en mille manières ; ce qui est une très parfaite oraison.

Ce serait cependant une erreur grossière de croire que, pour bien faire oraison, il fallût être ignorant, ou renoncer à ses propres lumières. Saint Thomas excellait en science et en amour. Mais aussi l'on ne doit pas s'imaginer qu'il faille pour faire une bonne oraison de grandes con-

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