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dent ce simple regard et qui y conduisent, il y en a plusieurs : les uns établissent les principes sur lesquels on fonde la contemplation de la vérité ; les autres forment plusieurs raisonnements sur ces principes pour découvrir cette vérité ; et le dernier acte est la contemplation de la vérité même que l'on a trouvée après tant de raisonnements et de considérations. »
Voilà comme saint Thomas explique tout ce qui passe en ce saint exercice.
L'homme ne peut, comme l'ange, voir, du premier regard, toutes les beautés et toutes les vérilés renfermées dans un objet ; il faut qu'il les regarde par parties, et que par les principes qui lui sont connus, il découvre les vérités qui lui restent cachées. Mais après avoir considéré avec application chacune de ces vérités en particulier, pour les mieux connaître en les partageant, il se représente ensuite l'objet entier et toutes ses beautés unies ensemble : et si c'est un objet qui mérite d'être aimé, comme sont les perfections de Dieu et les mystères de la religion, alors la volonté s'y porte avec amour ; et ce regard simple, de l'objet entier en lui-même, accompagné de l'amour, est la contemplation chrétienne.
Saint Thomas explique ensuite ce que saint
Paul, saint Bernard, Richard de Saint- Victor, et les autres Pères ont dit de cet exercice, et il montre comment on doit les entendre, à parler en termes précis. Il observe donc que saint Paul semble nous dire qu'une méditation profonde est « une spéculation de l'esprit par laquelle nous sommes transformés en l'objet même que nous regardons * ».
Richard de Saint-Victor y distingue trois actes : la contemplation, la méditation et la pensée. « La contemplation, dit-il, est un regard simple et libre de l'âme, qui considère un objet. La méditation est un regard occupé à la recherche d'une vérité. La pensée est un regard peu arrêté, elle nous échappe facilement, et elle penche toujours à la distraction ^. »
Saint Bernard à tous ces actes ajoute l'admiration. (( La première et la plus excellente contemplation, dit-il, est l'admiration de la Majesté di-
1. Nos revelata facie gloriam Dei spéculantes, in eamdem imaginem transformamur. II Cor. m, i8.
2. Contemplatio est perspicax et liber animi intuitus in res perspiciendas. Meditatio auteni est intuitus animi in veritatis inquisitione. Cogitatio autem est animi respectus ad evogationem pronus. De conternpl., lib. XVI, cap. III.
ï. LES ERREURS 9
vine '. » Enfin, tous les Pères nous enseignent que la prière, la lecture, et la méditation appartiennent aussi à cet exercice.
Mais saint Thomas réduit tous ces actes aux trois que nous avons remarqués : l'établissement des principes, acccptionem principionun, qui est le sujet de la méditation ; les considérations et les raisonnements qu'on fait sur les sujets de la méditation, dcdiictionem ex principiis ; et enfin le simple regard de la vérité, simpUcem intiiitiim veritatis, qui est la conclusion de cet exercice.
Et pour marquer l'ordre des actes que nous avons rapportés des saints Pères, la prière et la lecture appartiennent au commencement : ces deux actes posent en quelque sorte les principes de cet exercice. Il est toujours nécessaire, dit saint Thomas, de commencer par la prière et par l'invocation du Saint-Esprit ; parce qu'il s'agit de connaître quelque perfection de Dieu, ou quelqu'autre vérité surnaturelle pour s'entlammer en l'amour de Dieu, et nous avons besoin de demander des lumières pour arriver à cette connaissance. « J'ai invoqué le Seigneur, dit le
I. Prima et maxima contemplatio. est admlratio majestatis. De consideratione, lib. Y.
jQ DE LA. VÉRITABLE ORAISO:^
Sao-e, et j'ai reçu l'esprit de sagesse *. » La lecture nous fournit des raisons et des lumières proportionnées à notre esprit pour pénétrer le sujet que nous voulons contempler. Pour l'ordinaire on lit quelque livre où l'on a disposé par ordre ces matières d'oraison : l'Incarnation du Verbe dans le sein d'une Vierge, sa naissance dans une étable, sa mort sur la croix, et les autres vérités semblables. Il faut encore rapporter à cette préparation l'acte que Richard de Saint-Victor appelle pensée : soit qu'il y en ait une ou plusieurs, et puisée de la lecture ou de notre propre esprit, sur le sujet que nous nous sommes proposé.
Cette préparation ainsi supposée, l'on vient à la méditation, qvii ne doit pas être une spéculation sèche et stérile, mais une considération tendre et affective.
Ce sont \k les actes c£ui conduisent à la parfaite connaissance du sujet, selon la grâce de Dieu et la disposition de chacun. Mais après que l'entendement a assez médité, par exemple, sur l'amour que Dieu fait paraître en mourant pour nous sur la croix, et qu'il a remarqué toutes les circonstances qui relèvent à ses yeux la grandeur et