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naissances, (^uclquclois, au cuiilraiic, la scioiice devient aux savants, par la mauvaise disposition de leur cœur, une occasion d'orgueil, et leur orgueil les pri\e des grâces (jui sont nécessaires pour faire une bonne et salutaire méditation. L'oraison est un commerce avec Dieu, et Dieu, comme parle Salomon, aime à « s'entretenir avec les âmes simples ' » et humbles, où, selon l'énergie du texte hébreu, « il communique ses secrets à ceux qui ont le cœur droit. »
« La science et toutes les excellences de l'esprit peuvent donner à l'homme l'occasion d'avoir conliance en lui-même, et dès lors de ne s'abandonner pas entièrement entre les mains de Dieu, ce qui empêchera la dévotion ; les âmes simples au contraire auront quelquefois plus de dévotion, parce qu'elles ont plus d'humilité. Il est néanmoins constant que si on soumet à Dieu sa science et ses perfections naturelles, elles peuvent ?ier%ir à augmenter la dévotion ". » Caries défauts de l'homme ne Aiennent jamais des dons de la nature, mais du mauvais usage qu'il en fait. La seule simplicité de la foi avec beaucoup d'ardeur suffit pour cette oraison ; bien qu'on n'ait
t. Gain siinplicibus scriuocinatio ojas. l'roy. m, 32. 2. D. Tli. 2.2, q. 8a, arl. 3, ad. 3.
2l8 DE LA VÉRITABLE ORAISON
pas beaucoup de lumière. Personne ne peut s'excuser de s'appliquer à cet exercice, puisqu'il ne faut que savoir aimer la bonté infinie de notre Créateur, de notre Rédempteur, de notre Sanctificateur, ou g^émir devant Dieu avec une douleur accompagnée de confiiance, en considérant sa propre misère et ses continuelles faiblesses. Car tous les sujets qu'on peut prendre pour méditer se doivent rapporter à ces deux chefs : la bonté de Dieu, et notre misère ; les bienfaits que nous avons reçus de lui. et que nous espérons en recevoir, et nos défauts continuels dont nous lui demandons le remède.
Qu'est-il donc besoin de tant de discours, de tant de raisonnements et de tant de lumières, pour s'exciter à aimer un Dieu si aimable ? Jésus- Christ en Croix, que nous avons si souvent devant les yeux, n'est-il pas une preuve assez grande et assez manifeste de cet amour incompréhensible de Dieu pour les hommes? N'était-ce pas là toute la science de saint Paul, et la science d'un Apôtre ne peut-elle pas suffire à chacun de nous ? Qui peut ignorer aussi sa propre faiblesse, ses chutes et ses tiédeurs ? Ce n'est pas la science qui nous les apprend, c'est notre propre expérience.
, On n'a donc pas besoin de penser et de rai-