‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 142 sur 164 · I.ICS M\\l\li;S CRHIAINF.S '.U Q · texte numérisé non relu

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sonner l)oancon|i. « L'oraison, dit saint Augustin, est un exercice qui se lait mieux par les gcmissenienls f(ue par les discours'. » C'est pourquoi Ton peut continiier plus longtemps une oraison d'alVections, qu'une oraison de raisunncmeiils : la volonté ne s'épuise pas si facileuient (|ue l'esprit. On est bien vite au bout quand il s'agit de raisonner; et il arrive très sousent qu'après s être enlretenu quelque temps dans une bonne pensée, el qu'on en clierclie une autre, il s'en présente en foule à l'esprit de très vaines, et même de mauvaises, qui lui emportent toute son attention. « La pensée est un regard de l'esprit, qui est exposé à la distraction ~. » Outre qu'il est fort difficile à l'esprit de fournir une si longue suite de pensées sur un même sujet, il est encore plus difficile d'enqiêcher que parmi les pensées il ne s'en mêle d'indiflérentes et d'inutiles, qui bien souvent nous font perdre tout le fruit des autres.

La Aolonté au contraire [)eut à la vue d'un même objet former mille alTections dilïérentes, el les impressions qu'elle reçoit étant bien plus fortes que celles c|ui se font sur l'esprit, elles durent aussi davantage.

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