II. — i.i;s M.wnir.s ceutainks
à voir l'rlat (l(''|)l(ii;il)l(» om il est icVluil : on lui l'ait connaître la voie assurée par laquelle il doit marcher, et le terme où il doit aller. Mais l'iiomme ayant un fonds d'orgueil inépuisable, présume aussitôt beaucoup de ses propres forces, et croit n'avoir besoin du secours de personne pour combattre et surmonter ses vices et sa faiblesse.
Voici la seconde tentation, plus difficile à vaincre que la première : il se trouve esclave de ses passions, et renfermé dans de pernicieuses liabitudes comme dans un lieu fermé d'épaisses nmrailles. que toutes ses forces ne peuvent rompre, et qui lui rend sa sortie presque impossible. On lui dit alors : Vive/ conformément aux lumières que vous avez reçues. Vous n'aviez pas autrefois les mêmes connaissances, maintenant vous êtes assez éclairé : usez de vos lumières, suivez le chemin qu'on vous marque.
Cet homme ainsi éclairé s'efforce de marcher, mais il se trouve lié. Il était auparavant dans l'erreur, maintenant il est dans l'impuissance. Convaincu de sa faiblesse et chargé de chaînes, il crie au Seigneur de le délivrer de ses cruelles nécessités, et après avoir dissipé ses erreurs, de fortifier son impuissance et la faiblesse de sa Aolonté. Dieu donc encore une fois exauce ses désirs, et par un effet de sa grâce toute-puis-
santé, l'homme rompt tous ses liens, il « brise toutes ces portes de fer et d'acier ; M) et par le secours de cette divine grâce, il commence à trouver facile ce qui auparavant, quand il était abandonné à lui-même et à ses propres lumières, lui paraissait impossible. Il embrasse donc les exercices de piété, il y trouve de la douceur; et dans cet heureux changement à peine se connaît-il luimême. Alors tout rempli de sentiments de reconnaissance, il rend mille actions de grâces à son libérateur. Cependant, ô inconcevable faiblesse de l'homme ! à peine s'est-il relevé qu'il retombe honteusement, et, semblable à un malade que son mal a extrêmement affaibli, quand il fait un effort pour se lever d'un côté, il tombe de l'autre.
Voici une troisième tentation, qui le vient jeter dans un plus grand danger : il s'ennuie, il s'inquiète, il tombe dans une affreuse langueur, et il se dégoûte de tous les exercices de piété qu'il avait résolu de pratiquer. Il est dans un état si pitoyable, qu'il nepeut ni lire, ni prier ; et c'est ici une tentation entièrement opposée à la précédente. Auparavant il séchait de faim, main-
I. Conlrivit portas œreas, et vectes ferreos confrefçit. Pb. cvi, j6.
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tenant l'abonclanco lui cause du dé^oùl. « Il a en aversion toulo sorte de viande '. » coninne parle David ; c'est-à-dire qu'il n'a ni senlinienl de Dieu, ni tendresse pour les [)lus saints devoirs de la religion.
Cette décadence de l'honinie nous fait voir avec assez d'éxidence qu'il n'existe dans la vie aucun état où il n'y ait beaucoup à craindre et beaucoup à combattre. Avant sa conversion, lorsque l'iionuiie est dans une sécurité trompeuse, et plongé dans les délices mortelles de la cbair et du monde, il est frappé d'un [)rodigieux aveuglement. Dieu, qui veut convertir ce pécheur, commence à jeter dans son esprit im rayon qui lui fait voir le danger où ses crimes l'ont mis. Alors efl'rayé de se voir déjà un tison d'enfer, l'esclave du démon, et l'objet de la colère de Dieu, il veut sortir de cet étal déplorable. Mais il ressemble à un homme qui s'éveille d un profond sommeil, et qui ne sait pas encore bien où il est. Il veut se relever, et il commence à sentir toutes ses passions qui se révoltent et qui l'attirent d'autant plus, qu'il s'efforce de les Aaiiicre. Dieu, qui voit son désir de combattre
r. Omncin escom almminata est anima oorum. Ps. cvi, t8.
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et de surmonter ses passions, et son impuissance, lui donne une seconde grâce : il éclaire son esprit, et il fortifie aussi sa volonté. Le voilà donc maintenant assez fort pour rompre toutes les chaînes qui le tenaient attaché. C'est un homme nouveau, marchant dans les voies de la sainteté et de la justice.
Mais enfin voici une autre tentation qui le jette dans un plus grand danger, qu'on peut appeler la plus difficile et la plus insurmontable. A peine a-t-il commencé à pratiquer les exercices de piété, qu'il tombe dans la langueur, dans la tiédeur, et dans un dégoût horrible de tout ce qu'il fait. Cet état n'est jamais sans un péril évident de tout quitter, et de reprendre le train du monde et du péché. David dit de ces personnes tièdes : « Ils ont approché des portes de la mort. » Dieu permet cette tentation pour humilier les âmes, pour les obliger de se tenir dans un anéantissement continuel ; il veut leur faire connaître qu'çlles ont besoin de quelques gouttes de cette rosée ou de cette manne céleste, qui adoucisse leurs peines, et qui leur fasse retrouver le plaisir dans les exercices de piété, dont elles ont contracté un si grand dégoût.
Si la seule connaissance pouvait suffire à une âme pour opérer son salut, l'homme aurait pu