‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 152 sur 164 · I . D. Aug. in Ps. Lvn · texte numérisé non relu

I . D. Aug. in Ps. Lvn

:>. Agnoscamus gratiani qviœ facit prodesse doctrinani, qua^ gratia si desit, \idcniu.s obesse doctn'nam. D. Auci. Epist. cvii.

236 DE LA VÉRlTAlil.E ORAlSO>

moi-même dans les dangers que je vois devant mes yeux, et oii je vais courir volontairement ':* La faiblesse me perd, la connaissance me rend inexcusable. Je puis me convaincre de mes obligations à force de méditer, je puis même par la raison arrêter ou adoucir l'impétuosité de mes passions ; mais qui me guérira de la langueur que je sens, quand il faut accomplir la loi:* Qui me fera vaincre ma tiédeur? Qui m'ôtera le dégoût des choses de Dieu ? Tout le secours qui vient de l'entendement, n'est qu'un remède imparfait et inutile que j'emploie ; mais ce qui est du côté delà volonté, si je m'excite, si je m'enflamme, l'amour, l'ardeur, le plaisir, sont le remède entier, qui produit la guérison. L'amour ôte la langueur, l'ardeur échauffe la tiédeur, le plaisir chasse le dégoût ; et tout cela apporte à l'àme une force invincible pour entreprendre tout ce qu'elle veut. Les oppositions les plus violentes et les choses les plus insupportables sont adoucies et presque détruites par l'amour, dit saint Augustin cité par saint Thomas '.

On n'a jamais ouï dire, et on ne lira jamais, que toutes ces grâces extraordinaires que Dieu a faites aux âmes, et qui allaient quelquefois jus-

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