‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 157 sur 164 · II. I.r:S MAMMKS CEUTAINES ri · texte numérisé non relu

II. I.r:S MAMMKS CEUTAINES ri

lioii, irivvorahle do la pari do Diou, l'àme en r.iit iino parfailo ac(juisilioii, n'y ayant rien de mieux acqnis que ce qui est donné. >Si elle sait tirer d'un si granil bonheur l'avantage qu'il lui (>sl possible d'(Mi tirer, il est en son [louvoir de jouir à son aise de toute la sainte Trinité qui a la bonté de se ronlermer dans son cœur. Elle peut s'entretenir familièrement avec les personnes divines, agir auprès d'elles avec une entière confiance, et prendre saintement tous les j)laisirs qu'une si heureuse possession est capable de lui donner.

Cependant la merveille esl, quelle ne reçoit pas ce don une seule fois ; mais toutes les l'ois qu'elle fait de nouveaux progrès dans l'amour de Dieu et qu'elle acquiert de nouveaux degrés de grâce, il se fait en elle une nouvelle mission du Saint-Esprit, et ime nouvelle présence de la sainte 'i'rinilé. Cette présence de la Trinité est si réelle, que quand, par impossible, Dieu ne serait point par son immensité en toutes choses, il serait dans l'âme qui reçoit la grâce ; et il y est d'une manière plus noble par la grâce, qui est la participation de la nature divine la plus grande qui |)uisse exister.

Tel est le bonheur d'une âme qui avance toujours dans la grâce, et ce bonheur n'est-il pas

capable de la remplir d'une joie qui siu'passe toute autre joie ; car que peut désirer de plus une âme, qui réellement et effectivement possède Dieu P Le cœur de l'homme est-il si grand que Dieu ne puisse pas le remplir ? De là cette paix inaltérable, qui surpasse tous les sens, quand l'âme fait réflexion quelle possède Dieu, et que tous les efforts des démons ne peuvent le lui faire perdre si elle ne le veut.

Mais quand se fait ce progrès dans la grâce ? Sera-ce quand, dans Toraison^, on s'applique à faire de grands raisonnements ? Sera-ce encore quand on reçoit des connaissances extraordinaires, ou même le don de prophétie? Et enfin, quand une âme est toute brillante de lumières ? Non certainement. Si les lumières acquises ou surnaturelles ne sont pas accompagnées d'ardeur, elles sont beaucoup au-dessous de celles qu'avait reçues l'ange apostat, et il n'y a encore rien là, qui puisse mériter la présence du Saint-Esprit. Il est vrai, que le Saint-Esprit opère d'une manière particulière dans l'esprit du prophète ; il meut l'espril, le cœur et la langue du prophète, comme un instrument dont il se sert pour l'édification de l'Eglise ; mais il n'entre pas dans son cœur pour y habiter, comme dans le juste qui reçoit la grâce, ou un accroissement de grâce.

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