I. D. Th. 2.2, q, i8o, art
tée par ce souverain attrait, s'élève avec effort pour connaître cette lumière infinie, et pour goûter les délices célestes qui accompagnent sa connaissance ; mais sa faiblesse la fait bientôt descendre : elle succombe enfin, et la grandeur même des délices qu'elle goûte, épuisant toutes ses forces, la fait tomber en défaillance, et ne lui permet pas de les goûter longtemps *. »
C'était, ajoute saint Thomas, ce qu'éprouvait autrefois saint Augustin, et ce qu'il avoue luimême : <( Vous me faites entrer quelquefois dans des sentiments si extraordinaires, et jouir dans le fond de mon cœur d'une si merveilleuse douceur, que si vous la laissiez recevoir en moi son entier accomplissement, elle passerait à je ne sais quoi qui ne serait plus de celte vie; mais le poids de mes misères me fait bientôt retomber dans le train ordinaire des pensées et des occupations des hommes -. »
Dieu veut faire sentir à l'âme son néant, alors même qu'il la comble de caresses ; elle vient ainsi à connaître par sa propre expérience, que toute la nature serait trop faible pour soutenir un