I. In 3 Sent. dist. 35, q. i, art. a
multiplicité cVactes : la simplicité des perfections divines paraît d'une manière éclatante dans la simplicité des lumières de l'ange. » Mais Dieu ne conduit l'homme à la simple contemplation de ses perfections et de ses œuvres, que par la variété des raisonnements ; parce que la nature de l'homme, fragile et mêlée avec la matière, n'est pas capable de recevoir tout à la fois, et d'une manière uniforme, les lumières de Dieu. Il doit donc employer cette excellente règle de l'Evangile, que nous avons déjà insinuée avec un saint contemplatif : « Demandez, cherchez et frappez. »
CHAPIÏUE VI
QUATRIÈME ERUEUn : CROIRE Qu'ON s' X PAS BESOIN DE PRÉPARATION
Agir ainsi, c'est ^ollloII■ lenter Dieu.
Le défaut est encore plus grand cl plus intolérable en certaines âmes, qui. sans faire aucune préparation, et sans prendre un sujet pour méditer, prétendent entrer d'abord dans une profonde contemplation.
Toutes les âmes, à la vérité, n'ont pas besoin d'une égale préparation, comme nous l'expliquerons dans la suite. Il y en a qui, par un long exercice, sont toujours dans une disposition presque actuelle de faire oraison, et leur âme comme une matière déjà préparée, s'enflamme en un instant par un seul rayon de ce divin Soleil, qu'elles s'eiTorcent de ne perdre jamais de vue, autant qu'il est possible à l'infirmité bumaine. Mais néanmoins, ces personnes ellesmêmes doivent commencer leur oraison en sui-
02 DE LA VEUITABLE OKAISON
vant l'ordre que Dieu a établi, et ne pas croire qu'il existe pour elles un privilège particulier.
Saint Thomas, tout modéré qu'il est dans ses paroles, n'a pas fait difficulté de dire, que ce serait vme folie d'en user autrement : « C'est le propre, dit-il, d'un homme insensé et qui tente Dieu, d'attendre un secours de Dieu, sans vouloir agir avec la grâce selon ses forces, dans les choses oii il se peut aider par sa propre action ; car il appartient à la bonté de Dieu de pourvoir aux choses, non pas en faisant tout immédiatement par lui-même, mais en appliquant les créatures aux actions qui leur sont propres. Ainsi nous ne devons pas présumer que Dieu nous assiste, si nous refusons de nous aider nousmêmes par notre industrie. Ce procédé est contraire à sa sagesse et à sa bonté ' . »
Il faut donc d'abord, après la prière, entrer dans la méditation. Que si Dieu veut abréger le chemin, il est le maître ; il lui faut obéir avec humilité, et le suivre aA'ec amour. Mais s'il ne nous inspire pas de monter plus haut, ou plutôt si lui-même ne nous y élève pas, il faut commencer par les degrés les plus bas, et encore lui rendre grâces de ce qu'il daigne nous y soutenir.