I. D. Th. 3.3, q. 180, art. 7, ad. i
Car en effet, une âme véritablement pénétrée de 1 l'amour de Dieu, pourrait-elle avoir un plus grand plaisir que de penser sans cesse à son être infini ou à ses infinies perfections, se rendant saintement familière avec son ineffable bonté? Mais serait-il possible que la vue de ces perfections adorables, cetle douce privauté, cette conversation familière et continuelle qu'elle entretient avec Dieu, ne l'enflammât pas en son amour:* C'est donc uniquement à l'amour qu'on doit attribuer tout ce qu'il y a de plaisir, de profit et de mérite dans la contenqilation. Si on ne cultive donc que la seule connaissance et la seule étude des choses de Dieu, on ne doit pas croire qu'on exerce la véritable contemplation. Il faut que la volonté y ait plus de part que l'esprit : l'amour doit commencer cet exercice, et non pas la curiosité ; et parce que la fin doit répondre au commencement, comme nous l'a déjà dit le Docteur Angélique, il faut commencer et finir par l'amour. Après avoir suffisamment appliqué son esprit, il le faut mettre en repos ; il faut en arrêter l'activité, et donner tout ce que l'on peut à la volonté, lui laissant produire ses actes avec -toute la liberté dont Dieu l'a comblée pour aimer et pour mériter.
Hélas ! quelque transcendant que soit l'esprit]