I. I,ES EUREIIIS
rinlcrroniprc. J'^t nous sommes, dans la même mesure, aussi éloignés de la parfaite béaliliide,(|uc nous le sommes de l'uniléelde la conlinuilé de cet aole. Ce ne sera que dans le ciel ([ue l'opéraliou qui nous rendra hienheureuv, sera sini[)le, continuelle et éternelle, comme celle des anges. En ce monde, la participation que l'homme peut avoir de cette béatitude, est d'autant plus grande qu'elle est [>lus simple cl plus continuelle, et qu'elle se trouve dans la plus simple et la plus continuelle opération de la vie contemplative, qui est la contemplation. »
Je n'ai lait jusqu'ici qu'expliquer la doctrine de saint Thomas. Si l'homme donc ne peut être bienheureux que par les opérations de l'entendement et de la volonté, c'est-à-dire, par la connaissance et par l'amour qui l'unissent à Dieu dans la plus parfaite de toutes les communications ; il est clair que l'exercice de la vie contemplative n'étant qu'une légère participation, ou comme dit saint Thomas, un commencement de la béatitude, il ne peut se faire que par les opérations des puissances, qui sont une connaissance actuelle et un amour actuel de Dieu, comme première vérité et première bonté.
C'est pourquoi des âmes très imparfaites, qui sur un faux principe de quiétude, se figurent
[x!x DE LA VÉRITABLE ORAISON
d'être en repos, sont bien éloignées de celui dont les Saints ont parlé. Si dans l'oraison elles sont sans connaissance et sans amour de Dieu, sans sentiment ni mouvement pour sa souveraine bonté ; elles ne sont en réalité que dans une pure, mais dangereuse oisiveté, et il leur serait certainement plus utile de s'exciter à l'amour de Dieu par quelque lecture de piété, que de perdre ainsi le temps au pied de l'oratoire. Elles doivent même craindre dans ce faux repos d'être le lieu où le démon prend le sien. Un Père a appelé une àme qui est dans l'oisiveté, le nid du diable, nidus diaholi. Car enfin dans cet état oii elles se privent de toute opération et de tout sentiment, que font-elles, et que peuvent-elles faire de bon, puisqu'on ne peut ni rien mériter, ni pratiquer la vertu, ni en augmenter les liabitudes que par les actes ? L'état le plus imparfait où se puissent trouver les puissances de l'âme, est d'être absolument sans aucune opération, ainsi que nous l'avons rapporté d'après saint Tliomas.