‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 50 sur 164 · I. D. Th. I. p. q, 37, art. 3, ad · texte numérisé non relu

I. D. Th. I. p. q, 37, art. 3, ad

58 DE LA VÉniTABLE ORAISON

possible que l'amour soit sans connaissance ; et une connaissance infinie dans Dieu est suivie d'un amour infmi.

Pour revenir à la contemplation, il n'y en a pas de plus sublime que celle de la vision de Dieu dans le ciel, où Dieu s'unit immédiatement à la volonté des Blenbeureux, et néanmoins l'amour béatifique suppose la lumière de gloire ; et si la volonté se porte vers Dieu avec toute l'ardeur dont elle est capable, c'est que l'entendement le lui fait voir avec cette lumière tel qu'il est en lui-même.

Il n'y a donc point de contemplation sur la terre oîi l'àme ait quelque sentiment de crainte, d'espérance ou d'amour pour Dieu, oii en même temps l'on ne se représente ses menaces, ses promesses ou ses bontés, qui excitent en elle de pareils sentiments ? Et Dieu, à qui nous devons attribuer tout le bien qui est en nous et qui conduit les âmes selon la condition de leur nature, ne touche jamais le cœur qu'il n'éclaire l'esprit *. S'il remuait la volonté sans éclairer l'entendement, il ferait en quelque sorte violence à la volonté, parce qu'il faudrait qu'il la transportât d'un objet à un autre, sans qu'elle agit j^ar elle-

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