I. Opusc. De 7 grcidibus ainoris
peines qu'elle a méritées et que sa justice lui a préparées ; cette âme, comme accablée de l'excès de sa crainte, entre dans une espèce d'agonie qui la ferait mourir si Dieu ne tempérait la violence de cette impression par la vue de sa bonté, qui lui donne quelque espérance de pardon. Si c'est la grandeur de quelqu'une de ses perfections qu'il lui fait voir d'une manière extraordinaire, elle entre dans l'admiration. S'il lui découvre quelqu'un de ses mystères qui surpassent infinimont la raison humaine et l'intelligence angélique, elle entre dans un sentiment plus grand que l'admiration ordinaire, c'est un profond étonnement. Enfin, Dieu voulant traiter cette âme avec quelque tendresse, se montre-t-il parmi les beautés, les attraits et les douceurs d'un Dieu de miséricorde et de toute consolation, l'âme change alors d'état et reçoit des impressions bien diflerentes ; elle entre aussi dans des sentiments plus doux, elle se relève de sa crainte et de son étonnement et conçoit une espérance parfaite de son salut. Que si Dieu se montre encore avec plus de bonté, elle prend en lui une sainte confiance, qui passe jusqu'à la familiarité. Enfin, s'il arrive quelquefois, que Dieu se fasse voir à l'âme avec une bonté si grande, qu'il lui imprime un sentiment très vif et bien ardent de sa présence, alors
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l'àmc conçoit une toile espérance de son salut qu'il lui semble en avoir une assurance entière; et dans ce transport elle ose dire avec saint Paul : « Qui pourra me séparer de la charité de Jésus-Christ '') Je suis certain que ni la mort, ni la vie. ni tous les tourments mêmes de l'enfer, ne sauraient me séparer de l'amour de mon Dieu '. »
Cj'est jusqu'ici la doctrine de saint Thomas, et il l'étend encore davantage.
De cette doctrine l'on peut recueillir que ja mais la volonté n'a aucun mouvement de crainte, d'espérance, d'amour, ou quelqu'autre semblable sans que en même temps l'entendement n'ait une connaissance conforme à son étal et proportionnée à son besoin, et qu'il ne lui présente l'objet où elle se doit porter. C'est par ce principe que nous prouverons dans la suite la nécessité de la méditation et de la considération ; on se convaincra que la volonté se trouve attirée à Dieu du côté de l'objet et du côté du principe, comme parle saint Thomas ■ ; ce qui ne se peut faire sans connaissance.
1. Quis crgo nos separabit a charitatc Ghrlsti ."^ Rom. vni, 35.