I. LES EHKEiaS
(lii(Mis, làinc se pcul ol se doit alïccllonncr souvent à méditer les mystères de la vie et de la Passion de Nolrc-Seigncui', et Ton ne peut se les représenter que dune manière sensible.
Tl est encore moins >rai ((ue l'âme doive ([viitter loutcs les rlioscs sensibles, et celles-là mêmes qui lui [leuvent ser\ir à s'élever à Dieu. C'est faire un abus intolérable d'une règle très sage doimée par tous ceux qui traitent de la vie spirituelle. Ils disent ([u'il faut mourir à tous les sens et à toutes les choses sensibles ; c'est-à-dire, en éloigner entièrement le cœur, mais non pas l'esprit, qui se peut élever à Dieu par toutes les créatures.
Adam, dans l'état d'innocence, connaissait Dieu sans milieu, sine medio, disent plusieurs Pères *, n'étant pas obligé de s'élever à Dieu par les créatures, mais le connaissant par une lumière et par des espèces infuses, comme les anges dans leur premier état. Mais après le péché, l'homme a besoin des objets sensibles pour trois raisons, selon le Maître des Sentences -, qui dit, que Dieu a voulu attacher notre salut à des sacrements sensibles, pour humilier l'homme, pour l'enseigner, et pour lui donner un exercice.
I. D. Th. in 3 Sent. dist. aS, <{. 2, art. i, ad. i. 3. Magist. Sentent, in 4, dist. i, q. i, art. a.
MJRITAULE 0U.V1S0> I-.")
La corruplion de l'homme coasislail principalement en ce que son esprit, arrêté par les choses sensibles, ne pouvait s'élever à Dieu. Ce dérèglement était autrefois passé si avant, que plusieurs se persuadaient qu'il n'y avait rien audessus des sens ; et la plupart de ceux qui avaient eu quelque connaissance des esprits et des intelligences séparées, n'en jugeaient que comme des substances corporelles plus parfaites. De l'esprit, la corruplion passa jusqu'au cœur, parce que les hommes mettaient leur dernière lin en ces objets matériels. Or « Dieu applique le remède où était le mal : il veut maintenant que les choses sensibles servent à connaître les choses spirituelles, et à porter notre cœur à la divinité. Cet attachement criminel aux objets de la terre a été converti en un saint exercice ; l'esprit de l'homme ayant toujours besoin d'être occupé. Dieu lui a fourni une occupation conforme à sa nature pour s'exercer à le connaître et à l'aimer par les créatures, selon les règles qu'il a inspirées à son Eglise. »
On demandera, dit saint Thomas ', pourquoi Dieu nous a voulu représenter par des signes sensibles ce qu'il y a de plus auguste et de plus