Vila, cap. xxx
T. LES DRREUnS 69
nivslôrc, (111 étaient écrites ces paroles : Domine, (In mllii iinnc aqiiam : « Seigneur, donnez-moi celte eau. »
En clTct, l'usage des images a clé introduit par les Apôtres qui l'avaient appris de Notre- Scigneur : ce serait une erreur de les exclure de la dévotion. « Elles sont nécessaires pour soutenir la faiblesse des fidèles. Premièrement, pour l'instruction du peuple, elles lui servent délivres, où il apprenti les mystères de la religion ; en second lieu, pour rappeler plus facilement en sa mémoire le bienfait de l'Incarnation et les exemples des Saints ; en troisième lieu, pour animer la piété ; ce qui se fait plus efficacement par la vue des objets, que par les relations qu'on en peut entendre '. »
Les images tiennent la place des objets mêmes ; et l'esprit se porte naturellement à l'objet, dont on regarde l'image. C'est ainsi qu'en nous adressant à la croix, nous la prions comme Jésus- Gbrist même crucifié.
L'un des plus saints hommes de l'Eglise rapporte de lui-même, qu'il n'avait jamais pu regarder sans jeter des larmes une image d'Abraham
I. I). Th. in 3, Sont. disl. 9, q. i, art. ■?. Itom, 3 j). q. 25, art. 4.
■yO DE LV VERITABLE ORAISON
immolant son fils. Les Pères du second Concile de Nicée, après avoir rapporté ce trait, ajoutent : (( Si saint Grégoire qui était si fort appliqué à la méditation des Ecritures, répandait des larmes en Aboyant l'histoire d'Abraham, combien sera plus efficace pour nous porter aux larmes la représentation de la vie et de la mort de Jésus- Christ '. »
Sainte ïércsc avait une image cpii lui donnait beaucoup de dévotion ; craignant néanmoins d'avoir quelque attache secrète à cette image, elle voulut s'en défaire ; mais Notre-Seigneur lui commanda de la garder, parce qu'il n'y a point de mal d'user des choses c[ui nous portent à Dieu.
On s'excite également à aimer Dieu par la lecture des livres de dévotion : ils fournissent des pensées et des alTections très saintes, et ils suppléent à la stérilité de notre esprit et de notre cœur. On s'excite encore par des exercices de ])iélé. accompagnés d'un grand désir de plaire à Dieu ; par des pénitences volontaires pour satisfaire à la justice de Dieu et lui témoigner par là noire reconnaissance de ce qu'il a daigné souffrir pour nous.