‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 67 sur 164 · ila. cap. XVI · texte numérisé non relu

ila. cap. XVI

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n'a pas peine à croire qu'elle sentait ces impétuosités de l'amour divin, et qu'elle ])Oussait des soupirs ardents, en représentant [)ar ces paroles les affections qui les pouvaient émouvoir.

Toutefois, comme nous parlons ici dans toute la rigueur de la théologie, il faut ajouter, avec saint Thomas, que tous les états d'oraison ne sont pas les mêmes, ni les dispositions des âmes toujours égales. Quand l'esprit est si recueilli et la volonté si enflammée, la prière vocale serait alors une occasion de distraction, on la doit laisser. Cela arrive à ceux qui, sans l'aide de ces signes, sont déjà suffisamment disposés à la dévotion et qui peuvent dire avec David : « Mon cœur vous a parlé, ô mon Dieu *. »

Il faut donc distinguer avec soin les hesoins spirituels des personnes d'oraison, sans jamais mépriser ni condamner la prière vocale. Elle est quelquefois hien utile, lorsque l'on a de la peine à se recueillir. Ce qui provient du dérèglement de l'imagination et de l'appétit inférieur ; ces deux puissances étant attachées aux organes du corps, n'ohéissent pas toujours à la raison, mais,

I. D. Th. 2.2, q. 83, art. 12. Sainte Tcrcse elle-même se trouvait quelquefois dans la presque impossibilité de proférer une seule jjarole, et il lui aurait fallu l'espace d'une heure pour achever l'oraison dominicale.

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