‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 69 sur 164 · I. D. Aug. Ep. i2i ; D. Th. 2.0, q. 83, art, i · texte numérisé non relu

I. D. Aug. Ep. i2i ; D. Th. 2.0, q. 83, art, i

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DANS I,'oU.VlSON l/llLMA.MTK UE JÉSUS-CHUIST

Le sujet le |)l\is ordinaire de la méditation doit être Jésus-Christ : en lui toutes les perfections divines, jusquc-lk cachées, ont commencé à paraître. La méditation de la Passion de Jésus-Clirisl, plus utile que tous les exercices de pénitence.

De toutes les erreurs que nous avons réfutées jusqu'ici, la plus intolérable est de vouloir persuader que, pour faire une parfaite oraison, il faut éloigner toutes les images corporelles et sensibles, même celles de l'humanité sainte de Jésus- Christ, de sa vie, de sa Passion ; et s'élever à la contemplation de la divinité, sans en descendre jamais, comme si l'humanité du Sauveur était un empêchement à cette oraison.

Est-il possible qu'on en soit arrivé à cet excès d'oubli, que Jésus-Christ, « la voie, la vie et la vérité » qui nous conduit à Dieu, peut être un obstacle pour aller à lui ?

Cette erreur est venue de lignorance où l'on

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a clé de la véritable contemplation et clc ses cll- Aers états. Sainte Térèse avoue que quelques livres qui s'expliquaient mal sur cette matière l'avaient fait entrer dans ce sentiment, mais que Dieu ne permit pas qu'elle y demeurât longtemps. Sa véritable et solide dévotion la fit bientôt revenir de cette opinion, pour reprendre sa consolation avec Notre-Scigneur, particulièrement dans la sainte communion : « Et j'aurais voulu, dit-elle, tenir constamment devant les yeux son image, ne pouvant en avoir le souvenir aussi fortement imprimé dans le cœur que j'auiais désiré. )> Elle cnq)loic tout le chapitre wii de sa Aie pour comballre celle erreur, et comme elle a écrit selon les principes les plus assurés de la plus exacte théologie, elle dit ces paroles, qui nous découvrent la source de cette erreur : « Ces livres enseignent que, dans l'oraison, il se faut mettre dans une abstraction de tout ce qui est créé, corporel et sensible, et se considérer comme abîmé en Dieu, qui nous entoure de toutes parts. )) Et elle ajoute : « Je m'accommode bien quelquefois de cette manière d'oraison ; mais de se séparer tout à fait de Jésus-Christ, et de mettre son humanité sacrée au même rang que nos misères et que tout le reste des choses créées, c'est ce que je ne puis souflrir, »

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