‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 83 sur 164 · I. l.liS EUllELUS HO · texte numérisé non relu

I. l.liS EUllELUS HO

grâces cxliat)r(.lin;ur(>s (|ii";\ coiix qui onl fait de grands progrès dans l'oraison commune el dans l'exercice des vertus chrétiennes.

Et néanmoins parce qu'il peut y avoir une oraison de repos et de quiétude, purement acquise par le secours de la grâce, et que cette oraison peut être semblable en f[uelquo manière à celle qui est infuse et extraordinaire ; de même que les actes des vertus morales et acquises sont Tort semblables aux actes des vertus surnaturelles et infuses : il est nécessaire de montrer ici en quoi consiste cette oraison de repos purement acquise et de quelle manière elle doit être pra- , ti(|uée, afin qu'on puisse connaître et éviter les erreurs qui s'y peuvent mêler, faute d'intelligence.

Il faut donc supposer que l'àme a. dans le fond de son être, une très forte et très violente inclination de se porter à Dieu. Toutes choses, dit saint Denys, se [)ortcnt à Dieu, le désirent et le cherchent autant qu'elles en sont capables. Les êtres intellectuels cherchent Dieu par leur connaissance et par leur amour ; les êtres capables de sentiment, par la poursuite du bien qui leur est convenable, et qui est toujours une participation de ce bien infini ; enfin les êtres privés de sentiment cherchent Dieu par leur mouvement

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naturel, qui les porte à leur centre, où ils trouvent leur dernière fin, et une sorte de vestige de ce centre commun et général de tous les êtres créés, comme les Pères ont appelé Dieu. Ainsi, dit saint Thomas, expliquant saint Denys, toutes choses se portent à Dieu pour trois raisons différentes : 1" parce que Dieu est le principe qui les produit ; 2" parce qu'il est le centre qui les conserve ; 3" jiarce qu'il est la fm qui les attire ^ Et cette inclination est imprimée si avant dans la nature, ajoute aillem's saint Thomas -, qu'elle reste même dans les démons. L'un des tourments les plus cruels qu'ils souffriront pendant toute léternité, est cette division qu'ils sentent au dedans d'euxmêmes ; \me malice obstinée leur faisant haïr Dieu comme juge, tandis que la nature les contraint par force de l'aimer comme un bien universel. L'homme donc se portant à Dieu par une inclination naturelle, ne saurait avoir un plaisir plus grand que de traiter, de s'entretenir et de converser avec Dieu.

D'où vient donc cet étrange désordre que l'homme qui est l'image de Dieu, que l'homme

1. Ad ([nom omiiia convortuiitiir... omnia desidcrant triplici ralione, nt principinm, iit conservativum, iit llnem. D. Th. iu D. Dionys. cap. 4, 1. HI.

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