‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 84 sur 164 · D. Th. I p. q. 6o, art · texte numérisé non relu

D. Th. I p. q. 6o, art

l.r.S EUUELUS

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qui so porlr ;i lui avec une Incllnalion si lorlc, qu'elle* est impossible à rompre et c[ue tous les feux (le l'enfer ne seraient pas capables de la iliminuer ; d'où vient donc, dis-je, que cette imai,^^ de Dieu ne peut tMie un moment devant son original, quand il s'agit de fiiire oraison?

Il n'en était })as ainsi d'Adam dans l'élat de son innocence ; dans cet heureux temps, il lui aurait été aussi facile d'entrer dans les plus profondes contemplations, qu'il nous est facile d'appeler le sommeil. La diiVérence vient de ce que dans Adam, par le privilège de son innocence, toutes les passions et toutes les autres puissances inférieures étaient soumises à l'empire de la raison ; et celte inclination ne trouvait rien qui l'empêcluit de s'élancer en lui. Adam n'aurait jamais senti de plaisir plus grand que de s'entretenir avec Dieu ; et toutes ses passions étant liées, on peut dire que son oraison aurait été une oraison de quiétude et de repos. ^lais dans l'état où nous sonnncs, l'innocence est perdue, la nature est plongée dans la corruption, toutes les puissances de l'âme sont désunies, toutes les passions sont dans le désordre et la révolte. Et ainsi l'inclination de se porter à Dieu est comme liée, et cet exercice si doux par lui-même nous devient insupportable.

Il6 DE LA VKHITABLE OUAISON

Deux principes funestes causent en nous celte difficulté : la rébellion de nos passions et le dérèglement de notre imagination. Il est évident que la violence des passions empêche l'application de l'âme, et pour ainsi dire l'éloigné du désir et de la connaissance des choses spirituelles pour la faire tomber dans la cupidité et dans l'amour des choses sensibles. Quant au désordre de l'imagination, qui pourrait le comprendre ? De toutes les puissances de l'àme il n'y en a jîoint qui porte plus visiblement la peine du péché originel. L'homme n'en peut jamais devenir le maître ; quelque elfort qu'il fasse pour l'arrêter, elle s'échappe insensiblement, et bien souvent lorsqu'on croit la tenir, on est surpris de la voir courir sans règle et sans modération sur toutes sortes d'objets.

La difficulté que nous avons de nous appliquer à l'oraison vient donc de ces deux sources déplorables de dissipation. Mais quand, par un assez long exercice, une àme a modéré ses passions, qu'elle a mis des bornes à ses désirs, ou qu'elle a, comme dit saint Bernard S converti tout son cœur à Dieu ; qu'elle n'aime que lui seul, qu'elle ne craint rien tant que de lui dé-

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