‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 85 sur 164 · I. — i.rs l'UUEuns i i · texte numérisé non relu

I. — i.rs l'UUEuns i i

pl;iii(\ (|u'('lle n'a |)oiiit ilc joie (|no do le posséder, qu'elle n'a poini de liislesse (pie de l'avoir olTensé : enfin lorsque l'ànie, accoutumée à se mortifier, participe quelque chose, de cet empire qu'avait l'iionmiedans l'état d'innocence; et que dans le petit monde qui est lliomme, la volonté comme premier mobile entraîne après soi toutes les autres puissances', l'oraison devient bien douce, et l'âme s'y applique a^ec un extrême plaisir. Quelle grande difficulté pourrait-il y avoir, lorsque la vertu a acquis de la force, et qu'elle a si bien garnie le dessus dans l'homme, qu'elle se peut répandre sur l'appétit inférieur pour gouverner ses passions, et qu'elle tourne tous ses mouvements vers Dieu ? C'est alors que l'homme ayant réuni toutes ses puissances, peut dire avec David : « ^lon co*ur et ma chair ont tressailli de joie en mon Dieu '. »

On peut en cet état pratiquer l'oraison de re-

I. Vppetitus sujiorioi- niovct infcriorcm, siciit splia-ra suporior infcriorcm. E\ Arisfolcle D. Th. i p. q. Si, art. 3.

\.(1 pcrfeclioncin boni moralis pcrtinct, quod homo movcatur non solum secundum voluntatem, sed ctiam secunduni appctilum, secundum illud quod dicitur. Ps. LWMii. Cor meum et caro mea exitltaverunt in Deiun vivuni n. I 11. i .•?.. q. 2'i, art. 3.

Il8 DE LA VÉRITAIÎLE ORAISON

pos, parce que tout est paisible dans l'homme, et que les passions, l'imagination, le cœur et l'esprit se portent à Dieu. Rien ne trouble cet exercice, et tout se passe dans une grande suavité : l'âme goûte combien il est doux de converser avec la divine Sagesse '.

La contemplation n'est donc pas une oisiveté des puissances endormies : ce n'est pas une suspension d'opérations ; ce n'est pas une inaction inutile et forcée. Elle consiste bien moins encore à s'abandonner à toutes les pensées qui se présentent, et que l'on se permet de recevoir, sans faire aucune violence pour les repousser. Il faut avoir étouffé tous les sentiments du christianisme pour se laisser entraîner à cette erreur. Si nous sommes obligés de demander tous les jours à Dieu de ne pas permettre que nous tombions en tentation, si nous devons fuir tous les dangers que nous prévoyons de l'ofTenser, pouvons-nous souffrir cet égarement de pensées qui nous peut jeter continuellement dans les plus grandes tentations et nous précipiter dans les plus énormes péchés ';*

Les Pères et les Saints qui ont traité de cette

I. Non habet amarituclincm convcrsalio illins, ncc I.tdium convictus illius, sed lœtitiam et gaudium. Sap. •vm, i6. D. Th. 2.2, ([. 180, a. 7.

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