I. — T.Ks KnnEuns
oinison rlauMil bien éloignes de ces scntinionls ridiciilos. Ecoulons painic 'J'rrèso parlant do la vcrilalilo quiétude :
« Toutes les puissances de l'anic sont dan« un très irrand repos ; mais sans être suspendues ni liées. puis(prelles connaissent bien quelles sont en la présence de Dieu. La mémoire et l'entendement sont libres pour leurs propres (>péralions, il n'y a que la seule volonté qui est comme capti\e et imie intimement à Dieu; et si elle a quelque peine, c'est d'avoir à reprendre sa liberté et sa manière ordinaire d'agir, où elle ne jouira plus de ce calme. L'àme ne voudrait pas que l'entendement connût jamais autre chose, ni que la mémoire fût jamais occupée d'un autre objet, parce qu'elle voit clairement que c'est là l'unique nécessaire qui doit occuper toutes ses puissances, et que le reste ne peut que les tenir dans une inquiétude perpétuelle. L'àme ne voudrait pas môme que le corps se remuât, parce qu'elle craint que ce mouvement ne lui fasse perdre le repos qu'elle possède. Quelquefois toute recueillie en elle-même et toute occupée à connaître ce divin objet, l'âme peut à peine parler. Quelquefois elle sent couler les larmes de ses yeux avec une très grande douceur. Enfin, il lui semble qu'elle nest plus de ce monde : et dans
cet heureux état, elle ne sait on elle est. Elle ne voudrait jamais rien voir de ce monde, elle n'en voudrait jamais entendre jiarler ; tandis qu'elle est ainsi toute absorbée en Dieu, et qu'elle jouit de ce doux repos, il ne lui reste rien à désirer ; et elle dit avec saint Pierre : « Qu'il est bon, ô mon Dieu, d'être ici, faisons-y, s'il vous plaît trois tentes* « pour ne quitter jamais cet heureux état.
Jusqu'ici c'est sainte Térèse qui a expliqué ce qui se passe quand Dieu met l'àme dans ce doux repos, et l'on peut remarquer deux circonstances qui combattent l'erreur de la fausse oisiveté. C'est qu'alors les puissances ne sont ni suspendues ni liées, qu'elles sont libres pour leurs propres opérations, et qu'elles opèrent actuellement d'une manière fort douce ; que si la volonté est captive, ce n'est que par un excès d'amour et par l'opération divine qui la fait agir. Car Dieu opère dans les âmes afin qu'elles agissent en suivant son opération, et non point afin qu'elles n'agissent pas, et qu'elles soient oisives et inutiles -. Ainsi la mémoire, l'entendement et la volonté sont et se connaissent être en la présence de Dieu. Elles sont mues et se meuvent, toute l'âme agit, et toute l'âme reçoit.