‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 88 sur 164 · I. — i.Rs EnnEL'ns · texte numérisé non relu

I. — i.Rs EnnEL'ns

Ircmier repos (\uo l'àiuo so pinciirc. El cela non Buloniont pour le lenips do l'oraison, mais aussi do mener une vie tranquille et éloignée des >ins de la terre, étrangers à la condition ; car l'exercice de l'oraison n'est pas l'ouvrage d'vui «eul jour, et il demande des dispositions (pii rendent un esprit libre et dégagé quand on veut prier, u Le second moyen est de réunir toutes ses puissances et toutes ses lumières ; » ce qui se lait, lorsque laissant la multitude des raisonnemenls, l'entendement s'arrèlc dans la vue de la vérité que l'on contemple. Alors donc (( l'esprit n'ayant qu'un simple regard sans raisonnement, la volonté acquiert cette hein-euse union aux choses qui sont au-dessus d'elle ; » et c'est là le troisième moyen d'arriver à une parfaite uniformité où, comme s'en explique encore saint Denys, n l'àme est doucement conduite à la beauté et à la bonté infinie, » pour l'embrasser et jiour en jouir *.

C'est donc à la volonté et par l'amour de Dieu (pie se termine l'oeuvre de l'oraison ; car il faut

I . l'rlmiim est, inlroitus animœ ab exteriorihus ad seipsain ; secuntlum est, quœdani convolutio virtutum ipsius, per quam anima Uberaiur ab errore ; tcrtiiim autcm est, unio ad ea qu:c supra se sunt. Ex S. Dionysio, D. Th. 2.2, q. i8o, art. G,

12/4 r)E LA VÉRITABLE ORAISON

toujours se souvenir, que l'union de l'àme avec Dieu est la fin de la méditation, et cette union ne se peut faire que par l'amour. Chercher à connaître Dieu pour se contenter de le connaître, c'est la spéculation d'un philosophe ; mais désirer ardemment et s'efforcer de le connaître pour l'aimer, c'est la contemplation d'une âme fidèle. La considération ne doit donc servir qu'à enflammer la volonté. On ne frappe la pierre que pour en faire sortir du feu ; mais quand le feu est tiré, il serait inutile de continuer à frapper. Nous avons, au dedans de nous-mêmes, une étincelle de ce feu divin, caché dans nos cœurs; quand la méditation l'a excité, il serait inutile d'employer davantage la considération. Il faut alors s'arrêter, laisser l'entendement dans le repos et abandonner toute la volonté à son ardeur. Une fois excitée, il ne lui sera pas difficile de trouver des expressions pour s'expliquer ; il n'y a rien do plus éloquent que l'amour.

Saint Denys répète presque partout ce principe, le plus important de tous pour faire une parfaite oraison. C'est dans ce sens que l'on doit expliquer tout ce qu'il a écrit de la théologie mystique et de la contemplation, étant certain qu'il a voulu recommander celte grande maxime, que nous ne pouvons jamais apprendre

Page 1